Abdelhamid Zerguine, PDG de Sonatrach : des propos qui sonnent comme une épitaphe
La décision d'investir ou non dans la réalisation du gazoduc i devant relier l'Algérie via la Sardaigne avait reporté par l'assemblée générale de Gasli en novembre dernier au 30 mai 2013. L'échéance approche et les négociations entre Sonatrach et ses partenaires n'ont toujours pas abouti. Abdelhamid Zerguine, PDG de Sonatrach, a indiqué qu'il y aura probablement un report de la décision d'investissement « à la semaine prochaine ». Même s'il ne se veut pas tranchant, les propos de M.Zerguine sur l'avenir du projet sonnent comme une épitaphe : « Les actionnaires de Galsi n'ont pas décidé de l'annuler, au contraire ils considèrent que c'est un projet qui a de l'avenir", a-t-il indiqué en ajoutant que lorsqu'un « projet n'a pas de rentabilité économique, il n'est pas mis définitivement de côté mais l'échéance de sa réalisation sera reportée". Mais dans un marché gazier qui connait des excédents d'offres, la rentabilité d'une telle infrastructure de transport de gaz est très problématique. Les divergences entre Sonatrach et ses associés italiens Enel et Edison le confirment. Sonatrach qui ne veut pas investir dans un projet couteux sans qu'il soit adossé à un contrat de livraison ferme. Le PDG de Sonatrach constate d'ailleurs implicitement que le contexte économique mondial n'est pas vraiment propice à un tel investissement. Il faut, a-t-il déclaré à l'APS, un « prix juste du gaz » et une « reprise économique » qui permettrait de soutenir les prix.
Pas d'assurance de rentabilité
Tous les spécialistes s'accordent à dire que ces conditions ne vont pas être réunies de sitôt. En décembre dernier, Zerguine avait souligné que Sonatrach ne s'engagerait pas dans le projet sans assurance de rentabilité. «Nous ne pouvons l'engager que si nous avons des contrats fermes, les quantités de gaz dédiées à ce gazoduc sont là et que l'on cesse d'avoir la pression actuelle sur les prix à long terme», avait-il dit. ''Nous considérons que nous ne devons pas investir sans que nos investissements ne soient garantis et protégés. Il faut que ceux qui enlèvent le gaz investissent avec nous et assurent un amortissement raisonnable de nos installations sur le long terme». Début décembre 2012, des sources italiennes avaient fait état d'une menace de Sonatrach de se retirer du projet. Ces sources italiennes avaient déclaré que Sonatrach considérait que les conditions d'investissements si l'Italie soutenait des autres grands projets de gazoducs, le South Stream et le Trans Adriatic Pipelines (TAP). Un argument jamais évoqué publiquement par les responsables algériens. Il reste que les propos des responsables algériens durant les douze derniers moins exprimaient clairement une perte d'enthousiasme à l'égard du projet.
Perte d'enthousiasme
En novembre 2011, c'est Nordine Bouterfa, PDG de Sonelgaz, a indiqué que le projet « sortira quand il sera économiquement viable ». A l'évidence, elles ne le sont pas, les italiens qui connaissent l'état du marché ne semblent pas vouloir prendre des engagements fermes en matière d'achat de gaz. L''investissement prévu est de 3 milliards d'euros. Le gazoduc doit relier Hassi R'mel à El Kala et de là, en « off-shore » il reliera Cagliari, en Sardaigne, sur une distance de 310 km. La société d'études GALSI, dont le siège est à Milan, a été créée le 29 janvier 2003 entre Sonatrach (36%) et des partenaires européens essentiellement italiens EDISON Gas: (18%), ENELPOWER: (13,5%), EOS ENERGIA (9%), SFIRS Spa (5%) PROGEMISA Spa: (5%) et, WINTERSHALL: (13,5 %). Cette société a pour missions essentielles la réalisation des études de faisabilité technique et de viabilité économique du GALSI.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Sana Harb
Source : www.maghrebemergent.info