Mila - A la une

Vu à la télé



La chaîne de télévision officieuse du clan présidentiel (que tout le monde connaît à présent et peut facilement identifier) est prise en flagrant délit de «malversation médiatique» par notre confrère Liberté qui publie en exclusivité un document accablant sur ses pratiques d'investigations douteuses, dont les dernières en date ont concerné la pseudo enquête dirigée contre l'industriel Rebrab.Au lieu de s'inspirer d'un travail rigoureux d'information, d'observation et de recherche sur le terrain qui doit obligatoirement contenir toutes les versions susceptibles de faire éclater la vérité, notamment celle du principal incriminé puisque c'est lui qui est au centre de la polémique, la télé privée en question, qui ne cache plus ses intentions belliqueuses, ne fait en fait qu'appliquer des instructions écrites ? voire des directives ? que des hommes de l'ombre lui ont fait parvenir et dans lesquelles figurent, comme dans un plan d'attaque guerrière, les angles de tir sélectionnés au préalable pour descendre en flammes sans aucune forme de procès la (ou les) personne(s) mise(s) dans le collimateur.Un procédé journalistique tout à fait effarant a donc été inventé pour salir la réputation et porter atteinte de manière odieuse à l'intégrité de tout individu que la chaîne a classé dans sa liste noire, et qui par conséquent sert de moyen d'intimidation et de répression aux commanditaires invisibles qui tirent les ficelles derrière le rideau et ajustent leurs funestes opérations de diffamation. Le document que Liberté a réussi à avoir est très éloquent sur ces méthodes pour le moins infâmes et dégradantes qui consistent à énumérer superficiellement et sans vérification aucune les soi-disant points faibles de la victime potentielle pour les monter en épingle et constituer des sujets de scandales contre lesquels il n'y aurait aucun argument de défense pour faire contrepoids.Il y a de tout dans ce scénario pensé à l'avance comme une redoutable entreprise de destruction : de l'invective, de l'intox, de la désinformation, des mensonges, de l'insulte, du chantage, de la menace? C'est sur ces éléments de nuisance et de forfaiture qui entrent dans les foyers que surfe la chaîne propagandiste du pouvoir, dont l'objectif essentiel reste cependant de faire barrage, par la dissimulation et l'entretien des insinuations pernicieuses, à toutes voix susceptibles de remettre en cause l'ordre établi par le clan présidentiel.Car, il ne faut pas être dupe : ce ne sont que les adversaires déclarés du régime en place qui subissent la foudre de cette télé-mercenaire sur le plateau de laquelle vous ne verrez aucun représentant de l'opposition venir débattre en direct, et qui bien entendu en contrepartie de sa soumission reçoit une manne publicitaire providentielle alors que la plupart de ses cons?urs comptent sur les doigts d'une seule main vainement quelques hypothétiques annonceurs pour survivre.Le déséquilibre est flagrant, mais sa nature est un secret de Polichinelle. Etre acteur de la servitude en toutes circonstances, c'est le choix déshonorant et peu glorieux qui s'imposait pour s'implanter dans le nouveau paysage audiovisuel, et cette chaîne qui fait parler d'elle en ces moments et qui ne mérite même pas qu'on la cite n'a pas hésité un seul instant à franchir le pas pour faire le sale boulot. De nombreuses personnalités respectables ont ainsi été prises injustement à partie juste parce qu'elles gardaient pour elles leur liberté de réflexion.Rebrab qui a fait l'actualité ces derniers jours suite à l'affaire du rachat par une de ses filiales du groupe de presse El Khabar, laquelle d'ailleurs n'a pas encore connu son épilogue, a été de surcroît un sujet privilégié de diffamation grossière en raison de ses prises de position et de ses déclarations publiques qui n'ont pas du tout été appréciées en haut lieu. Le capitaine d'industrie dont l'apport à l'économie algérienne n'est plus à démontrer et auquel on prête une ambition politique pour renforcer le camp démocratique a, semble-t-il, été trop loin dans ses résolutions.Il était par conséquent idéalement désigné pour subir l'opprobre dans sa version la plus dégoûtante. Le fait de faire «témoigner» contre lui un vieux cacique du régime ? Belaïd Abdesselam pour ne pas le nommer ? qui nous avait promis une économie de guerre à l'époque où il dirigeait le gouvernement, qui vit actuellement confortablement dans la capitale française alors qu'il ne cesse de vilipender cette France qui fait tellement de mal à l'Algérie, qui avait jeté en pâture les démocrates à la furia intégriste en les qualifiant de laïco-assimilationnistes, démontre que les faiseurs de scandales sur-mesure n'ont pas d'arguments crédibles à faire valoir pour convaincre l'opinion.Avant Rebrab, c'est la secrétaire générale du Parti des travailleurs qui a été clouée au pilori. Pour cela, on a brassé beaucoup de vent pour la disqualifier, allant jusqu'à fouiner dans la vie privée ? une spécialité très répandue au niveau de la chaîne ? pour l'atteindre dans sa dignité et la déstabiliser dans son action politique dirigée contre les oligarques. Tant qu'elle se montrait plus ou moins conciliante avec le Pouvoir, Louiza Hanoune restait intouchable. Mais en changeant de ton envers les tenants du régime, en affûtant ses critiques contre l'incompétence et l'impéritie des gouvernants, en menant en somme la guerre contre le clan présidentiel, elle s'exposa dangereusement.Voilà donc une télé privée qui ne respecte aucune norme professionnelle, qui foule aux pieds les principes les plus élémentaires de l'éthique et de la déontologie et qui se permet en toute impunité de jouer au justicier, se targuer d'accroître son périmètre d'influence médiatique sous l'?il bienveillant d'une autorité ministérielle qui a fait de la diffamation et de l'insulte son cheval de bataille, mais qui curieusement dans ce cas de figure fait comme l'autruche. A vrai dire, le ministre donneur de leçons ne peut rien contre ce média sponsorisé par bien plus haut. Il est impuissant devant un danger mortel pour la liberté d'expression dans notre pays pour laquelle d'authentiques journalistes se sont sacrifiés.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)