Mila - A la une

Vous vous désistez' C'est bon



Vous vous désistez' C'est bon
La victime de raclée est venue pardonner. Elle sera surprise par le verdict...assommant!Du jamais-vu à Boufarik! La victime qui défend son propre agresseur. Un avocat n'aurait pas usé de tant de force de persuasion. Remord' Courage' Nassima Saâda, la présidente de la section correctionnelle, est «out!» Elle dit son étonnement devant cette inattendue sortie qui a fait plutôt sourire...«Alors, victime, on vous balance une râclée. Vous êtes, semble-t-il passée à côté de la mort. Vous jeûnez. Vous résidez loin. La chaleur frise les 38 et 40°c, et vous entrez dans la salle d'audience intercéder auprès du tribunal pour le pardon. Je tente de comprendre le sens de cette démarche, mais je refuse de tomber dans ce jeu. La loi doit être appliquée surtout que l'arme blanche a joué en plein!» a martelé la présidente qui avait sous les yeux, à défaut des déclarations de la victime, le procès-verbal de police au moment des faits alors que la chaleur de la vengeance, le désir de se plaindre étaient aux premières loges; les termes utilisés laissent apparaître que Omar s'était eng... avec la victime Abdelhalim T. avant de se prendre au cou. Dans la foulée et en pleine roulade sur le sol, l'inculpé sort un couteau et balance une série de coups sur le corps, une hanche en particulier. Des coups heureusement évités par hasard par la victime qui a fait un boucan ce jour-là, promettant même un dangereux et risqué: «Tu auras affaire à moi!» Et la présidente de rappeler la méchanceté des propos de l'inculpé. En vain! La victime était venue, décidée à libérer son propre agresseur. Il y alla de: «Sa pauvre maman est malade!», «son papa est venu, aujourd'hui, voir son fils en détention préventive» pénible encore, «C'est le mois du pardon' Ramadhan est loin...» et autres locutions allant dans le sens de l'émotion de toutes les émotions utiles vers la bonne décision de la justice qui sait elle aussi pardonner.La présidente, le sourire absent, de sa mine encore fraîche après trois heures de débats menés sans «histoires» ni problème, nés de rancoeur, froncera dix secondes les sourcils avant de lancer un oeil interrogateur à Djamila Benkhettou, cette sacrée et accrocheuse représentante du ministère public comme pour l'inviter à participer à cette séquence du grand pardon. Effectivement, après avoir bien réajusté son beau khimar blanc au-dessus de ses sourcils, la procureure demande à intervenir. Saâda, presque soulagée dit: «Oui.» Benkhettou se lève et demande sans ponctuation à la victime si elle connaît bien la loi. La victime lève la tête et répond avec beaucoup de poids sur les lettres crachées: «Je veux que ce jeune rentre chez lui et rien que pour cela je retire ma plainte et je lui pardonne!». Un long silence suit cette éclatante réponse. Toujours debout, la parquetière cette fois sourit. Elle cessera sur le champ de sourire et affiche un rictus: «Voilà! nous y sommes. Vous êtes venu pardonner. C'est votre droit. Vous êtes libre même de lui faire la bise ici et même de l'embrasser à l'aide de vos longs bras. Mai vous devez savoir que vous ne pourrez jamais m'obliger à vous suivre car le parquet ne le désire pas. Les poursuites se feront et tout à l'heure, vous aurez une idée exacte de ce que prévoit la loi!», martèle Djamila qui se rassoit, heureuse d'avoir remis le train sur les rails. La présidente posera une dizaine de questions au détenu qui, libéré mentalement par le «pardon» de son adversaire, se met à table et reconnaît tout. Il redira tout ce qu'il avait raconté aux éléments des services de sécurité devant une victime heureuse d'être là en vue d'assister au retour de son désormais ex-bourreau at home. Nassima Saâda, la juge, elle, n'a pas mis de côté son autorité. Elle va faire rougir le fer de son autorité pour marteler ce qui attend l'auteur des coups et blessures volontaires et surtout ce que prévoit l'article 264 (loi n°06-23 du 20 décembre 2006) et son sévère alinéa 1 où il est question d'une incapacité totale de travail de x... durée. D'ailleurs, Abdelhalim T. la victime avait sursauté en entendant les dix-huit mois d'emprisonnement assortis d'une amende, réclamés par la procureure: «Mais madame la présidente, je viens de pardonner. Pourquoi cette peine'».«Ecoutez, victime, vous avez certes pardonné à votre adversaire, mais vous n'avez plus droit aux éventuelles demandes en réparation. Le reste relève du ministère public. Compris'» La victime n'avait même pas répondu que l'inculpé est sommé de dire le dernier mot. Il brisera le mur du son: «Je demande la relaxe!». Il comptait trop sur le bon geste de la victime. Sur le siège, Saâda ne va pas se faire un sang d'encre. Elle inflige un sec six mois ferme sur la base de l'article 264 du Code pénal. Omar venait de retomber sur terre!


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