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Une situation inextricable Travailleurs algériens sans papiers



Une situation inextricable                                    Travailleurs algériens sans papiers
Les travailleurs sans papiers algériens ne peuvent pas être régularisés au regard du droit commun français. Ils sont renvoyés à l'accord bilatéral de 1968 sur la circulation et le séjour des Algériens en France. Lequel accord ne dispose pas de ce cas de figure. D'où une situation inextricable.
Paris.
De notre correspondante

La CGT a obtenu que la moitié des 200 travailleurs sans papiers algériens, qui ont intégré le mouvement des sans-papiers organisé en 2009, soient régularisés au même titre que les autres, sans condition de nationalité. Les autres, la grande majorité, sont dispersés sans appui ni soutien, acceptant le travail au noir et ses aléas, sans perspective de régularisation à court ou moyen termes.
L'accord de 1968 dispose que les Algériens peuvent travailler sans restriction de métier ou de région, à condition qu'ils soient en situation régulière vis-à-vis du droit au séjour en France. Alors qu'en apparence ils apparaissent comme favorisés, ils sont en réalité doublement pénalisés : par le droit commun français qui les écarte et par l'accord de 1968, muet sur ce sujet. La CGT tire la sonnette d'alarme et estime que les travailleurs sans papiers algériens doivent se mobiliser et se rapprocher des syndicats pour faire valoir leurs droits en attendant que leur situation soit débloquée par les deux gouvernements à la faveur d'un nouvel avenant à l'accord bilatéral de 1968. Un dossier qui pourrait être réglé à la faveur de la prochaine visite du président Hollande en Algérie. Une délégation officielle de la CGT a été reçue à sa demande, il y a six mois par le consul général d'Algérie à Paris au sujet des travailleurs sans papiers.
Des rencontres similaires ont eu lieu avec d'autres responsables consulaires algériens en province. «Pour nous, les papiers ce n'est pas une finalité, mais un moyen pour gagner des droits», nous signale Francine Blanche, responsable nationale en charge des droits sociaux et des discriminations. Et de préciser : «Nous voulons que le travail des salariés soit reconnu, les gens travaillent durement, on veut reconstituer leurs droits.» «Le problème des Algériens c'est qu'ils ne se battent pas beaucoup, freinés par leurs liens de famille, de village, dont ressortent leurs employeurs. On ne les voit pas assez dans les manifestations, il faut qu'ils se mobilisent davantage. On ne peut pas faire sans eux.» Par ailleurs, si l'accord de 1968 prévoit que dix ans de séjour continu en France prouvé ouvrent droit à une régularisation, dans les faits, 80% des demandes sont refusées par les préfectures de police au motif que les preuves ne sont pas suffisantes.
A signaler que les signataires de la «plateforme pour la régularisation des travailleurs sans papiers et l'égalité de traitement entre Français et étrangers dans les études comme au travail» ' la CGT, la FSU, l'UNEF et des associations parmi lesquelles la Cimade, le MRAP, SOS Racisme, la LDH, RESF, JOC' ' relèvent que dans leur très grande majorité, les migrants, qu'ils soient avec ou sans papiers, sont des travailleurs ou des futurs travailleurs et affirment que les travailleurs migrants «n'ont vocation ni à être victimes de la déréglementation sociale ni à en être les vecteurs. Ils ne prennent le travail de personne. Ils sont partie intégrante du salariat». Ils demandent à ce qu'en France, «aucun salarié ne doit être payé en dessous du SMIC horaire, être contraint au travail au noir ou être exclu du statut de salarié».
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