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« Une partie des produits biologiques algériens répond aux normes européennes » Selon Xavier Beulin, président de la FNSEA et du Groupe Sofiprotéol



« Une partie des produits biologiques algériens répond aux normes européennes » Selon Xavier Beulin, président de la FNSEA et du Groupe Sofiprotéol
L'Algérie peut exporter des fruits et des légumes biologiques vers l'Europe car ces produits répondent aux conditions inscrites dans le cahier des charges européen, a indiqué à Horizons Xavier Beulin, agriculteur et président de la Fédération française des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), en marge du Sommet de l'élevage qui se tient à Clermont-Ferrand (France). « Pour se faire agréer en Europe, l'agriculture biologique doit répondre à un cahier des charges qui n'est pas très contraignant », a souligné M. Beulin. « Du producteur au distributeur, il y a des règles très précises et des procédures formalisées pour avoir l'estampe « Agriculture biologique a-t-il ajouté. Par contre, ce qui manque, selon lui, c'est le « formalisme, soit écrire la procédure et être capable de contrôler l'agriculteur ». En matière de co-localisation, les Français tentent de développer avec, entre autres, Cevital et Sim, des produits et un savoir-faire pour d'éventuelles exportations l'Afrique, selon la même source.Les aspects phytosanitaires empêchent l'export des fruits et légumes d'Algérie
S'agissant des autres produits algériens, « la question des normes revient perpétuellement », a relevé M. Beulin qui avoue que « l'Europe possède un niveau de normes très haut qui impose une réciprocité sur les produits d'importation ». Toutefois, dira-t-il, « il faudra dépasser ces contingences. L'Algérie devra retravailler sur les aspects phytosanitaires, ce qu'on appelle les normes SPS », a-t-il recommandé. « Les procédures en France demandent beaucoup de formalisme. Un agriculteur doit déclarer tout ce qu'il fait, ce qu'il utilise et à quelle dose. C'est un domaine où la France peut apporter son expertise à l'Algérie », insiste-t-il. D'ailleurs, une convention a été signée au printemps dernier avec la Chambre algérienne de l'agriculture pour des sessions de formation. Avant la fin de l'année, les deux parties se reverront pour faire une proposition d'accompagnement via un organisme de formation en France, « Vivia », financé en partie par les agriculteurs ». Par ailleurs, s'inspirant d'une expérience similaire effectuée au Maroc, les Français pourraient entamer un processus qui consiste à traiter au fur et à mesure la question des normes. D'abord, selon le président de la FNSEA, « l'Europe est sur la défensive sur ces sujets car dès qu'on évoque les normes, c'est perçu comme une réaction d'autodéfense pour protéger les produits européens ». Il considère qu'« il faut dépasser ce stade et se pencher sur le cahier des charges, comparer l'usage d'engrais et de produits phytosanitaires, en rapprochant les points de vue pour une norme commune qui facilite les échanges ».
Pour un label méditerranéen
« L'autre sujet, entre le Sud et le Nord, se rapporte aux droits de douanes et les conditions de production intérieures », a-t-il ajouté. La problématique en Europe, particulièrement en France, concerne les coûts de revient et les charges de la main d''uvre dans les productions des fruits et légumes, explique M. Beulin. « Il y a un décalage très important entre les deux rives. Il y a des productions où le pourcentage de la main d''uvre dans le coût de revient dépasse les 60%, comme la fraise ou les produits arboricoles. Mais dès qu'il y a un peu de mécanisation, les rapports changent. Les coûts se rapprochent. Les pays du Nord sont exportateurs de lait et de céréales et les pays du Sud de fruits et légumes et ils sont 500 millions de consommateurs au nord de la Méditerranée, entre 150 millions et 200 millions en proximité en plus du Proche-Orient, selon les chiffres livrés par ce professionnel. C'est donc « un sous-ensemble qui va peser entre 900 millions à un milliard de consommateurs ». Concernant le contentieux entre les deux rives de la Méditerranée en matière de placement des fruits et légumes sur le marché européen, la situation est appelée à évoluer. Deux initiatives sont en réflexion : créer une sorte de label méditerranéen, notamment en matière de fruits et légumes sur des produits des deux rives, ou tenter de capter des marchés des pays tiers ou des pays de l'ex-République soviétique ou encore de l'Asie du sud-est. L'idée est qu'« au lieu de s'opposer, additionnons nos forces pour être plus performants et mieux présents », préconise-t-il.
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