Lors d'une rencontre restreinte avec les journalistes, le Dr Sofiane Achi, directeur général de la SPA El-Kendi industrie du médicament, a décliné les résultats d'une étude de l'IMS (Industrie Medical Service) réalisée sur un quinquennat (2015-2020). Il s'est avéré que le marché algérien des produits pharmaceutiques, qui vaut 2,5 à 3 milliards de dollars, se positionne dans le top 20 des marchés émergents.Il enregistre, chaque année, une évolution constante de 10%, boostée par la fréquence des maladies chroniques, le vieillissement de la population et une large couverture sociale. Il n'en demeure pas moins qu'il a subi, de plein fouet, les contrecoups de la crise politique, faisant chuter sa croissance à un niveau inférieur à 1% de janvier à novembre 2019 (les données de décembre ne sont pas encore disponibles). L'impact s'est illustré par une diminution importante des médicaments enregistrés, le retard dans la signature des programmes d'importation et la frilosité dans la prise de mesures à même de débloquer les situations inextricables par le ministre de la Santé du gouvernement Bedoui. "Nous n'avons pas fixé d'objectifs de croissance en 2019.
Nous nous sommes préoccupés de la préservation des emplois et de la viabilité de l'entreprise car nous avons enregistré un manque à gagner à cause des retards dans l'enregistrement de nos produits", a souligné le Dr Achi, citant son groupe comme exemple des difficultés auxquelles ont été confrontés les producteurs nationaux l'année écoulée. D'autant qu'il a précisé que la firme concentre l'essentiel de son activité de production (fabrication des génériques) sur le marché local, dont il détient 8% des parts de marché. L'étude de l'IMS a confirmé justement que les génériques constituent 71% de la consommation interne de médicaments, 94% de la production locale et 58% de la facture d'importation des produits pharmaceutiques. L'urgence est de relancer rapidement le marché.
"L'Algérie possède un grand potentiel d'exportation des produits pharmaceutiques fabriqués localement. Il suffit de lever les écueils", a suggéré le directeur général d'El-Kendi. Avec ses deux usines jumelles à la ville nouvelle de Sidi-Abdellah, le groupe a une capacité de production de 140 millions d'unités vente annuellement sous forme sèche, liquide et semi-solide. Ses produits sont déjà homologués en Libye, au Soudan et en Afrique de l'Ouest. Les producteurs misent sur la réactivité du ministre délégué à l'Industrie pharmaceutique, Lotfi Ben Bahmed, qui connaît parfaitement le secteur en sa qualité de président du Conseil national de l'ordre des pharmaciens. "Nous avons une opportunité de concertation", a estimé le conférencier.
Les priorités vont à la fluidification des procédures d'enregistrement des nouvelles molécules, à la révision de la politique des prix (des produits ne sont plus fabriqués in situ à cause de leur non-rentabilité) et à l'institution d'un cadre réglementaire incitant à l'investissement dans l'industrie des biosimilaires?
Souhila Hammadi
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Souhila HAMMADI
Source : www.liberte-algerie.com