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Une bonne récolte malgré le ramadan et le manque d'aires de stockage



Une bonne récolte malgré le ramadan et le manque d'aires de stockage
« Il faut une sacrée dose de courage pour travailler sous un soleil de plomb et le ventre creux. Et rares sont les saisonniers qui acceptent de travailler dans de telles conditions, venir chaque jour tôt le matin pour remplir les sacs de blé ou conduire les machines. Heureusement que mes cousins sont nombreux pour combler le manque d'ouvriers. D'ailleurs, nous prévoyons d'acquérir une deuxième moissonneuse-batteuse pour régler définitivement le problème de main-d'?uvre », nous explique Sid Ahmed, 44 ans, agriculteur dans la commune de Zighoud Youcef. Ce père de famille qui travaille les terres de sa famille depuis plus de vingt ans en compagnie de ses frères, ses cousins et son père, nous assure que cette année, la récolte sera bonne, et selon ses estimations, elle sera même plus meilleure que celle de 2009 ou celle de 2013. « Nous avons la certitude que le blé de cette année sera abondant, la qualité est également au rendez-vous, mais notre première préoccupation est d'achever cette saison de moissons. Depuis que le ramadan coïncide avec la saison des moissons, cela fait trois ou quatre ans, il nous est difficile de trouver des saisonniers libres et sérieux. Les jeunes de la région ne veulent pas de ce rude métier même s'ils sont bien payés. En moyenne, on les paye 2000 dinars la journée. Un chauffeur est payé 15.000 DA la journée. Certains viennent les premiers jours du ramadan puis disparaissent. L'insolation, les vomissements et les pertes de conscience sont fréquents en ces jours de jeûne. La semaine dernière, au quatrième jour du ramadan, il avait fait très chaud, tous les agriculteurs de la région ont cessé le travail avant midi », nous explique-t-il. A défaut de recruter des ouvriers à plein temps, les récoltes sont parfois menacées ou retardées. Sid Ahmed nous dira aussi que la fin de la récolte est prévue les prochains jours, au maximum le quinzième jour du ramadan, si bien sûr les espaces de stockage seront disponibles. En effet, les céréaliculteurs devront encore une fois faire face au problème du stockage. Les premiers jours de moissons confirment qu'il y aura bel et bien un record de récolte, et il semblerait toutefois que les aires de stockage de la wilaya ne suffiront pas à entreposer tout le blé. De longues files d'attente de tracteurs se forment d'ailleurs à partir de 2h du matin devant les silos de la Coopérative des céréales et des légumes secs (CCLS). Chaque commune dispose de docks, dont les plus importants ceux de Beni Hamidene, Hama Bouziane, Zighoud Youcef ou Boudjeraoui sont entièrement remplis ; ce qui contraint les céréaliculteurs à stocker leur blé dans les wilayas de Mila, Batna ou Oum El Bouaghi. La CCLS de Constantine dispose d'une capacité de stockage de près de 1,3 million de quintaux, alors que la production céréalière ces dernières années dépasse les 1,5 million de quintaux.


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