
Tout compte fait, devrait-on dire une nouvelle fois, le conflit syrien demeure un épais dossier avec beaucoup de zones d'ombre et de mystère. L'opinion n'en connaît que le bilan avec des centaines de milliers de morts et des millions de personnes déplacées, en tenant compte de l'exil intérieur, sans que cela soit comparable à ce qui passe dans l'Irak voisin.Ou encore ces camps d'entraînement d'extrémistes venus du monde entier et qui constituent une sérieuse source d'inquiétude. Autrement, c'est un huitième veto russe empêchant l'adoption par le Conseil de sécurité d'une résolution relative à la récente attaque aux substances chimiques attribuée à l'armée syrienne, ce que nie cette dernière. Et pourtant, l'actualité est focalisée sur ce massacre, avec d'un côté un texte demeuré à l'état de projet, et un autre avancé par la Russie proposant le même sujet, à savoir une enquête sur ce qui vient de se produire. Les deux, en effet, demandent une enquête sur ce sujet dramatique. A travers le premier, il était question d'apporter le soutien du Conseil de sécurité aux enquêteurs de l'OIAC (Organisation pour l'interdiction des armes chimiques) exigeant notamment que les autorités syriennes fournissent les détails des activités militaires de l'armée syrienne le jour de l'attaque, ainsi que les noms des commandants des escadrons aériens, et donnent aux enquêteurs un accès aux bases aériennes. Dans l'autre démarche, Moscou demandait à cette même institution d'envoyer un groupe d'inspecteurs internationaux en Syrie afin d'enquêter sur cette même attaque «de manière transparente, indépendante et professionnelle», à la fois sur la base aérienne depuis laquelle auraient décollé les appareils aériens syriens, et dans la zone où se serait produite l'attaque. En apparence, les deux démarches sont similaires et rien, devrait-on dire, ne les différencie en ce sens qu'elles proposent la même démarche à la même institution.Et là, devrait-on souligner, il n'y aurait plus rien à ajouter, cette agence n'en étant pas à sa première enquête, et dispose de la compétence nécessaire ainsi que des moyens humains et matériels appropriés. Où se situerait donc le problème, puisque manifestement il y en aurait un et qui justifierait cette double démarche ' Très certainement dans le texte, les deux pour être juste, car des subtilités peuvent s'y trouver, Moscou y voyant dans le premier ce qu'elle considère comme une accusation sans preuve et se contente d'exiger du gouvernement syrien l'accès à toutes ses installations militaires. Pas d'autorisation, pas d'enquête. Et encore, ce n'est là que le premier palier de toute démarche. La Syrie a bien donné son feu vert à une inspection de l'OIAC de la localité attaquée, mais afin d'établir si du sarin y a été stocké, une nuance importante, Damas a en effet déclaré avoir bombardé un dépôt abritant des stocks de produits chimiques, sans jamais les utiliser dans son opération. Deux textes, mais pas la moindre aberration. Une bataille serrée tout de même.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohammed Larbi
Source : www.elwatan.com