Mila - A la une

Un plan pour sauver la vieille ville



La dégradation de la vieille ville de Mila n'est pas une fatalité mais bien la résultante de la conjugaison de plusieurs facteurs essentiellement humains.Pour le président de l'association Les amis du Vieux-Mila, le Pr en médecine Abdelaziz Segueni, la détérioration des structures de la cité antique Milev est à mettre sur le compte de l'OGBC, chargée de la gestion de ce patrimoine millénaire, d'une part, et l'incivisme ambiant d'autre part.
Lors d'une rencontre avec la presse ce samedi soir, au siège de l'association qu'il dirige, Segueni a déploré le peu d'empressement, voire le laxisme, de l'organisme chargé de la gestion de la ville archéologique, l'Office de gestion des biens culturels (OGBC) en l'occurrence. « Malgré l'importante ressource humaine, dont il dispose, l'OGBC continue d'ignorer ses missions en matière de préservation du site antique. Depuis 2008, date à laquelle la gestion de ce patrimoine a été dévolue à cet office, on n'a enregistré aucune action utile au profit de la ville ». Mais l'inaction de cet organisme étatique n'est pas la seule source d'inquiétude de M. Segueni. L'incivisme des riverains est également mis à l'index.
Notre interlocuteur qualifie « d'actions érosives » certains actes et comportements de nombreux pensionnaires des lieux. La reconstruction de certaines habitations au béton et les actes de vandalisme commis sur d'autres habitations de la vieille cité sont considérés comme des crimes contre l'enceinte byzantine. Dans ce sens, notre interlocuteur exige le respect de l'architecture traditionnelle dans toute opération de reconstruction ou de restauration à l'intérieur du périmètre de la vieille ville, en appelant l'OGCB à s'impliquer davantage dans son rôle pour freiner l'élan, inquiétant, des opérations de restauration sauvage.
En matière d'actes de vandalisme perpétrés contre la ville, Abdelaziz Segueni rapporte que «les tuiles rondes, les poutres et les madriers de toitures entières ont été enlevés et vendus. Mais tout n'est pas sombre», semble-t-il dire.
En effet, le professeur Segueni salue, par ailleurs, l'accompagnement fructueux des pouvoirs publics, dont a bénéficié son association ces dernières années. Il a affirmé dans ce sens : « Notre militantisme au profit de notre ville n'a pas été vain. L'accompagnement des autorités commencent à donner satisfaction. La ville a été classée officiellement patrimoine national en 2008, un plan de sauvegarde a été approuvé par la commission interministérielle et publié, en 2018, au Journal officiel, et très prochainement une antenne de l'Agence nationale des secteurs sauvegardés (ANSS) sera installée dans l'enceinte de la ville. C'est une prouesse, dans la mesure où cela va permettre à la wilaya d'avoir des fonds pour financer les opérations prévues dans le plan de sauvegarde de la cité.»
Signalons que le plan de sauvegarde de la ville a été affiché récemment au siège de l'APC de Mila, pour recueillir d'éventuels avis d'opposition de la part des citoyens ; mais jusqu'à présent, soit 60 jours après, aucune motion d'opposition n'a été enregistrée, selon notre source.
Kamel Bouabdellah
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