Après 32 années de bons et loyaux services, Si Djamel B., un ancien moudjahid qui n'a pas pensé un instant à s'enrichir ou s'offrir des lots de terrain, vit, à l'instar des autres membres de sa famille, sur des charbons ardents.
L'ingratitude de l'administration dotée d'une mémoire courte, en est la cause. Celle-ci somme l'ex-cadre de l'agriculture et de l'hydraulique de libérer le logement qu'il occupe depuis avril 1965, c'est-à-dire depuis 47ans. N'ayant où aller, l'ex-fonctionnaire qui s'explique mal un tel traitement, reste perplexe. Ne prenant pas le soin de savoir s'il possède ou non un logement de substitution, l'administration faisant fi des services rendus par l'ex-cadre malade, le traîne en justice. Ne pouvant approcher le premier responsable de la wilaya, interpellé par le biais d'une correspondance datée du 17 septembre 2012, Si Djamel qui est dans l'obligation de rendre publics ses désagréments, tient à éclaircir sa situation, non sans déception et amertume : «Je fais l'objet d'une procédure injuste en expulsion du logement situé dans l'immeuble de l'hydraulique, que j'occupe effectivement avec ma famille depuis avril 1965.
Ce logement m'a été attribué par M. le ministre de l'Agriculture suite à ma désignation comme directeur adjoint à la direction de l'agriculture de l'ex-département de Sétif et par là même, ordonnateur secondaire, fonction que j'ai occupée de 1962 à 1977, date à laquelle j'ai été désigné conservateur des forêts avec un intermède de directeur de l'agriculture de la wilaya de Constantine puis directeur de la société agricole de prévoyance jusqu'en 1990 .Je n'ai cessé d'occuper ce logement même après mon départ à la retraite en 1994, et jusqu'à ce jour c'est mon seul domicile. C'est pourquoi, je n'ai cessé également de solliciter depuis 1984 le désistement tant au niveau local (direction de l'hydraulique, daïra, wilaya, en tant que commission de recours) qu'au niveau du ministère des Ressources en eau, sans jamais recevoir de réponse à mon désarroi.
Durant toutes ces années d'occupation de bonne foi de ce logement, tous les frais (loyer, électricité, gaz et eau) étaient et sont encore à ma charge, sans qu'aucune dérogation n'ait été sollicitée.» Notre interlocuteur ajoute : «En raison de mon âge (79ans) et de mon état de santé, de mes états de service aussi bien dans la fonction publique que durant la guerre de Libération nationale (membre de l'OCFLN), je me sens en droit d'espérer l'intervention du wali pour mon maintien dans ce logement ou l'attribution d'un logement similaire.» L'ancien moudjahid est dans l'attente d'une intervention du chef de l'exécutif, qui ne va sans nul doute pas mettre à la rue toute une famille.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel Beniaiche
Source : www.elwatan.com