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Un 8 Mars au goût du hirak



Répondant à l'appel national lancé lors de la 3e rencontre nationale des femmes algériennes qui s'est tenue en février à Tizi Ouzou en hommage à Nabila Djahnine, présidente de l'association "Tighri n tmettut", assassinée en février 1995, une marche populaire a été organisée, hier à Oran, en présence d'une foule conséquente pour l'occasion. Alors que la journée du 8 Mars de l'année passée avait coïncidé avec le troisième vendredi de la contestation populaire, elle a représenté cette année un vrai défi pour les femmes."Cette action nationale est pour dire que la date du 8 Mars ne signifie pas la fête, c'est une journée de lutte dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes", a expliqué Fatma Boufenik, fondatrice de l'association féministe Femmes revendiquant leurs droits (Fard).
Elle a précisé encore que l'objectif de cette marche "est de dire que le combat continue pour l'abrogation du code de la famille, la mise sur pied d'un code civil égalitaire et le changement ou, au moins, l'annulation de la clause du pardon qui annule toute sanction contre la violence et qui rend l'action civile caduque". Hier, elles étaient nombreuses à avoir répondu à l'appel pour la manifestation populaire, soutenues par beaucoup d'hommes venus renforcer les rangs de la contestation.
"Une contestation politique qui a pris le pas sur l'approche féministe attendue en pareille circonstance", constate Rahmouna, rencontrée sur la place du 1er-Novembre, avant le départ de la marche. "Je ne veux ni fleurs ni parfums, j'exige le respect", "Pas de démocratie sans les droits des femmes", "Non aux violences faites aux femmes", "Djamila, Hassiba, vos filles continuent le combat", sont quelques-unes des revendications brandies par les présents à cette marche encadrée par un important dispositif policier, en uniforme et en civil.
La foule a emprunté l'itinéraire classique des hirakistes en reprenant les slogans appelant à un "Etat civil et démocratique", "Une justice indépendante" et "Une presse libre". Les manifestants ont, par ailleurs, exigé la libération des détenus d'opinion, l'arrêt des arrestations arbitraires, ainsi que le départ du système. "Ô Hassiba, ô Hassiba, silmiya silmiya, wanjibou el-hourria", a encore scandé un carré de femmes.

Saïd OUSSAD
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