
La torture semble reprendre place dans les centres pénitentiaires en Tunisie. La mort, cette semaine, de deux prisonniers a éveillé les soupçons des militants des droits de l'homme. A ce sujet, le ministre de l'Intérieur a été amené à nier les faits précisant que la mort a été provoquée par une overdose de stupéfiants, reprenant les termes du rapport du médecin légiste. Des abus peuvent être commis, mais la torture est bannie dans les prisons tunisiennes, a dit le ministre. Cette déclaration est rejetée par les militants des droits de l'homme qui affirment que des cas de torture ont été constatés tant dans les postes de police que dans les prisons. On fait état de dépassements exagérés auxquels la justice et le gouvernement ne prêtent pas attention. Pourtant, estiment-ils, des témoignages accablants ont été rapportés aux autorités sans suite. La question est si importante qu'elle a été prise, à bras le corps, par les médias qui ont multiplié les plateaux consacrés à ce sujet. La surprise est que le taux de torture a augmenté depuis la "révolution" qui a balayé Ben Ali rien que pour la liberté et la dignité.De l'aveu d'un psychologue du ministère de l'Intérieur, le choix des agents n'est pas fondé sur l'intelligence et les capacités intellectuelles des agents. Il l'est, surtout, sur les capacités physiques qui leur permettent de pratiquer, facilement, la torture. Cet aveu est confirmé par le nombre des morts sous la torture et dont le nombre ne cesse d'augmenter. Au cours de cette semaine, deux individus sont décédés des suites de la torture faisant passer le nombre des morts similaires à sept individus. Ces atrocités sont en violation des termes de la Constitution dont le texte préserve la dignité humaine. L'Etat est appelé à amender le code pénal pour imposer la présence d'un avocat lors de l'interrogatoire préliminaire dans les postes de police, ce qui éviterait la torture pratiquée, souvent, avec l'aval des médecins. A ce sujet, le président de la République, le Chef du gouvernement et le président de la Constituante sont interpellés pour assumer leurs responsabilités dans le respect de la dignité humaine et des droits de l'homme. Pour y aboutir, il y a lieu de procéder à une refonte du système d'accueil dans les centres de détention provisoire (poste de police) ou définitive (prisons). Une formation appropriée doit être dispensée aux agents de police et une refonte du système judicaire est de plus en plus urgente.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Kattou
Source : www.liberte-algerie.com