Dopage - On ne pouvait pas s'entretenir avec le Docteur Hanifi sans évoquer le cas des footballeurs internationaux des années 80, sachant qu'il a fait partie, à une certaine époque, de l'encadrement médical des Verts.
«D'abord, il faut remettre les choses dans leur cadre. J'étais médecin de l'équipe nationale de 1978 jusqu'à fin de l'année 81. J'ai travaillé avec Khalef, Rajkov, Saâdane' puis Rogov qui a renforcé le staff avec Maouche. A cette époque, Rogov, à la différence des autres entraîneurs nationaux et étrangers qui l'ont précédé, ne voulait pas travailler avec les médecins algériens. Il a ramené un médecin russe et, évidemment, je n'avais que peu de regard sur les dossiers médicaux des athlètes. Je ne pouvais pas cautionner cela et c'est ce qui m'a poussé à partir. Je me disais que peut-être il essayait des tests dévaluation des athlètes, dont il voulait garder le secret.
On ne porte pas sur le dossier médical des produits dopants si on veut doper. Après une dispute avec Rogov, j'ai démissionné. Mais le problème qui semble faire aujourd'hui polémique est celui lié à la deuxième période Rogov (87-88). A cette époque-là, moi je n'y ai été plus. Je ne sais pas ce qui s'est passé.
Ce fameux médecin Sasha Tabartchouk, je ne l'ai pas connu et je ne l'ai jamais rencontré. Mais simplement, j'ai essayé de raisonner en tant que spécialiste. Je me dis qu'il y a sept à huit joueurs de la même génération qui rencontrent des problèmes de santé de leurs enfants, alors qu'ils ont joué dans la même équipe et à la même période, on ne peut pas ne pas se poser des questions. C'est légitime. Tabartchouk a affirmé qu'il était un médecin biochimiste. La question que je me pose : qu'est-ce qu'un biochimiste faisait dans l'équipe nationale ' Les joueurs ont découvert qu'il existe des cas similaires dans les pays de l'Europe de l'Est, où a été rapporté des effets tératogènes médicamenteux qui peuvent provoquer des malformations au niveau de la progéniture. Tout cela légitime les interrogations de ces joueurs sur les raisons de l'handicap de leurs enfants. Ils ont constitué un avocat qui a saisi le ministère de la Santé pour enclencher une enquête. J'ai été convoqué du moment que j'ai fait partie de l'encadrement médical de l'équipe nationale à une certaine époque pour essayer d'étudier ce cas-là.
On a fait appel également à un pédiatre pour voir quelles seraient les conséquences éventuelles sur les enfants d'un dopage. On a fait aussi appel à un spécialiste dans la pharmacovigilance et on a élargi la commission en faisant appel à un neurologue.
On va constituer une commission comme demandé par le ministère de la Santé, pour essayer étudier individuellement le cas de ces enfants. Les examiner, voir leur pathologie. Ensuite, essayer de revenir aux origines connues de chacune des pathologies pour voir s'il y a possibilité de lien avec une médication éventuelle. Maintenant, pour établir, je dirai que ce sera difficile pour deux raisons. La première, cela fait presque trente ans. La deuxième, nous ne connaissons pas la composante des médicaments, qui n'ont jamais d'ailleurs été contrôlés. Peut- être que l'autre attitude à adopter, c'est de prendre contact avec le médecin concerné pour nous donner exactement le type de médicament qu'il donnait aux athlètes pour qu'on puisse un peu se prononcer au plan de la pharmacovigilance.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Info Soir
Source : www.infosoir.com