Quelles sont, à votre avis, les principales mesures du PLF 2020, du moins celles qui visent à augmenter les ressources fiscales et celles jouant l'apaisement 'La loi de finances pour 2020 s'inscrit en complémentarité des deux lois de finances pour 2016 et 2017, en ciblant l'ouverture de nouvelles niches fiscales, l'élargissement de l'assiette de la fiscalité ordinaire et la régulation ou l'optimisation des différents postes de dépenses. Elle s'oriente également et progressivement vers une reproduction massive ou presque de la trajectoire du nouveau modèle économique (version 2016), portant le devoir de garantir les équilibres de la politique budgétaire entre ressources et emplois comme une priorité absolue, et d'attirer en même temps d'autres produits dérivés qui seront à la charge de quelques agents économiques, notamment les opérateurs qui sont les plus outillés pour jouer ce rôle.
En termes plus clairs, la fiscalité ordinaire sera pour 2020 la pièce la plus importante, notamment à travers l'instauration de nouvelles taxes attachées à une certaine forme de consommation (Ttaxe de pollution), l'élargissement de l'assiette fiscale en comptant sur des instruments d'information comme le e-paiement ou le e-commerce. Favoriser un recouvrement fiscal plus large, ou également sur l'affectation des ressources pour un emploi social, comme le cas des droits de douanes, par un taux plus élevé sur les prélèvements DD, affectés vers la caisse CNR.
Et enfin, garantir un minimum de dépenses en équipements qui ne dépasse pas le 2929 milliards de dinars avec possibilité d'ouvrir des autorisations et des futurs chantiers publics (CP) à plus 1600 milliards de dinars. Cette valeur est insuffisante pour garantir un plein emploi pour une grande partie des entreprises qui exercent dans le secteur des travaux et sévices de réalisation.
Qu'est-ce qui retient particulièrement l'attention '
Quel que soit le mode d'emploi nécessaire, ce fait existe, car parmi les grandes lignes de cette loi et des agrégats du moyen-terme présentés, ce qui retient notre attention, ce sont les prévisions du glissement du dinar. Ce glissement prévisionnel peut être assimilable à deux choses : Sur la nécessité d'ajuster le marché de la production ou de la compétitivité vis-à-vis des coûts des différents intrants. Et aussi du fait que le marché de la consommation doit impérativement se libéraliser en se passant de plusieurs politiques de soutien.
D'autre part, ce qui retient notre attention également, c'est l'objectif fixé d'aller vers un redressement et une limitation du déficit budgétaire à l'horizon 2021 et 2022, en comptant sur une augmentation moyenne à 2% sur les exportations des hydrocarbures avec une limitation des importations, sur la base d'un dinar plus coûteux et d'autres obstacles tarifaires ou non tarifaires plus persistants.
Mais cette forme de régulation économique, ne peut fonctionner d'une façon directe, sans que les préalables de régulation ne soient mis en place. A titre d'exemple, la dévaluation du dinar ne peut à elle seule garantir une fiscalité ordinaire nouvelle, sans que les autres postes de dépenses budgétaires ne soient eux aussi en situation de plein emploi. Afin de garantir une régulation efficace, il faudrait quand même allumer tous les moteurs de croissance. Il s'agit entre autres d'un mixage entre la politique budgétaire avec la politique monétaire, avec un solde des réserves de change qui doit être mobilisé en tant qu'instrument de financement et non pas en tant qu'indicateur de bonne santé financière.
Vous dites qu'avec le glissement prévisionnel du dinar, le marché de la consommation doit se libéraliser en se passant de plusieurs politiques de soutien. Quel impact alors sur le pouvoir d'achat '
Chaque changement de cap produit un ou des bouleversements importants. Mais ce qui est important dans ces phases prévues, c'est le fait que le dinar perdra de sa valeur pour le besoin de son ajustement, et que le taux d'inflation connaîtra avec une évolution similaire du même niveau. Cette tendance contribuera indirectement en faveur d'une fiscalité ordinaire expansive et progressive. Dans ce socle d'ajustement, c'est le ménage d'un niveau de la classe moyenne qui sera le plus touché, surtout vis-à-vis de ses propres habitudes.
On parle également d'un éventuel retour à la planche à billets après avoir annoncé le renoncement à ce dispositif ; pourquoi ces tergiversations '
Avec les données actuelles, le déficit budgétaire ne peut être compensé que par deux façons.
1) Une valeur qui provient des recettes
2) Une valeur qui provient de la politique monétaire via l'émission monétaire. Il n'existe pas une autre façon de financer un déficit.
Celui qui cherche à tenir un discours d'abandon du financement non conventionnel le veut plutôt dans sa version politique, populiste d'apaisement. Les vrais spécialistes et techniciens savent très bien que l'abandon du financement non conventionnel ne peut se réaliser et ne peut coïncider avec les indicateurs actuels ni pour les données prévisionnelles futures, qui annoncent déjà pour 2020 un déficit budgétaire de plus de 1500 milliards de dinars et un déficit du trésor public de plus de 2400 milliard de dinars. Donc le financement non conventionnel fonctionnera toujours.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samira Imadalou
Source : www.elwatan.com