
Par Malika Boussouf[email protected]/* */Il est des jours comme ça où, lorsque vous regardez les uns encourager la communication avec les autres, vous reconnaissez ne pas avoir besoin de beaucoup d'encouragements pour vous laisser séduire par le premier venu que vous croisez quelque part et qui s'improvise, tandis que vous avez un peu de temps à perdre, conteur d'une époque révolue. J'avoue, en effet, être plus que friande de ces liens sympathiques que l'on tisse, l'espace d'une courte rencontre, avec autrui. Lorsque, par le simple fait du hasard, vous échangez quelques mots, au marché, par exemple, parce que c'est aussi beaucoup là que vous croisez des gens d'origines, de milieux et d'éducation différents, vous vous rendez à l'évidence que vous cètoyez au quotidien autant de personnages que d'histoires individuelles. J'ai, un matin, dans des conditions similaires, fait la connaissance d'un monsieur d'un âge certain, qui m'a surprise, en s'adressant à moi dans un français frèlant la perfection.Le souvenir d'un ou deux de mes professeurs d'arabe qui maniaient la langue française avec un talent quasi inégalable m'est, aujourd'hui, à son contact, agréablement revenu en mémoire. Le vieil homme qui manifeste de façon spontanée son besoin de rompre sa solitude en maniant excellemment son butin de guerre à lui me rappelle aussi ces autres personnes, vivant de leur retraite ailleurs depuis bon nombre d'années, dont les journaux avaient raconté l'histoire et qui ne voulaient pas rentrer au pays parce qu'ils étaient mieux en France.Pourquoi ne veulent-ils entendre parler de leur pays que de là où ils sont ' Peut-être estiment-ils, à juste titre, qu'ils n'ont plus rien à y faire. Je me souviens m'être demandé ce qui avait bien pu les brouiller avec leurs origines. Lorsque j'ai évoqué leur histoire avec le monsieur dont j'ai parlé plus haut, il m'a répondu qu'ils n'avaient, peut-être, plus personne qui les attendait ici. Seuls dans la vie, pourquoi ne pas admettre le fait que si un jour les petits vieux en question ont échappé à l'attention des leurs, c'est que l'attention en question n'était pas ce qu'elle aurait dû être '
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M B
Source : www.lesoirdalgerie.com