Ces sommes servaient à rémunérer deux cadres, Raymond Fortin,présenté comme le directeur de SNC-Lavalin en Algérie, et Sami Bebawi.
Accusée déjà de payer des pots-de-vin pour avoir des marchés en Algérie et dans d'autres pays, l'entreprise canadienne SNC-Lavalin est à nouveau soupçonnée de s'adonner à des pratiques frauduleuses en Algérie. "En plus d'avoir payé des pots-de-vin pour obtenir des contrats en Libye, SNC-Lavalin aurait également fait un versement douteux de 7,5 millions de dollars à destination de l'Algérie, révèlent des documents consultés par notre Bureau d'enquête", a rapporté, hier, le quotidien québécois Le Journal de Montréal.
Et d'ajouter : "Selon des documents présentés lors du procès de l'ex-vice-président de SNC Sami Bebawi, l'entreprise a déposé cette somme dans le compte d'une compagnie coquille au Panama. Ces 7,5 M$ servaient à rémunérer secrètement deux cadres, soit Raymond Fortin, présenté comme le directeur de SNC-Lavalin en Algérie, et Sami Bebawi."
Lors de son procès qui se tenait depuis plus de sept semaines à la Cour supérieure du Québec, l'accusé principal, Sami Bebawi, a été reconnu coupable, dimanche 15 décembre 2019, de cinq chefs de fraude et de corruption relativement au versement de pots-de-vin en Libye.
Les sommes qui lui ont été données par la société SNC-Lavalin pour verser des pots-de-vin en Algérie comme en Libye ont transité par la société-écran Salomé Associates Corp., basée au Panama.
"C'était une rémunération exceptionnelle versée par SNC-Lavalin à un de ses directeurs", a expliqué le banquier Hervé Siegrist, lors d'un interrogatoire par les autorités suisses en 2012 qui a été divulgué au procès de Bebawi, cité par Le Journal de Montréal.
La façon dont ont circulé les 7,5 M$ aurait été imaginée "par un fiscaliste canadien du nom de Constantine Kyres", selon le banquier Siegrist, qui a révélé que Sami Bebawi lui aurait présenté Farid Bedjaoui, déjà éclaboussé par le scandale de Sonatrach.
Pas de retour d'ascenseur
"Siegrist a expliqué aux enquêteurs suisses qu'éventuellement Bebawi et Bedjaoui se seraient querellés pour un ?retour d'ascenseur' en Chine qui n'est jamais venu", a expliqué Le Journal de Montréal qui a cité le témoignage d'un ancien cadre de SNC-Lavalin, Riadh Ben Aïssa, au procès de Bebawi. "Ben Aïssa a affirmé que Sami Bebawi l'aurait convoqué au Caire, en Egypte, à la fin des années 1990.
Il lui aurait alors dit vouloir instaurer en Libye un système similaire à celui déjà existant en Algérie pour SNC-Lavalin", a précisé le quotidien québécois, en ajoutant : "Ce système était basé sur le versement de bonus secrets pour les cadres, selon Ben Aïssa. Les pots-de-vin ont commencé à être versés en Libye peu de temps après cette rencontre."
Arab C.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Arab CHIH
Source : www.liberte-algerie.com