L?amour et le mythe, thèmes prédominants
La définition d?un objet aussi polymorphe que le théâtre, qui se déploie non seulement dans l?histoire mais aussi dans une multitude d?espaces culturels et linguistiques, tient de la gageure. Au quatrième jour et après huit représentations, le Festival du théâtre professionnel, qui se tient à Sidi Bel Abbès, du 23 au 30 du mois courant, sécrète ses premiers questionnements sur les propriétés communes aux spectacles offerts à un public plus présent que jamais. La floraison de jeunes talents, qui est en train d?apporter une nouvelle fraîcheur à la pratique théâtrale, véhicule dans son sillage une prédominance de certains thèmes, tels que l?amour et le mythe dans la plupart des spectacles proposés. Peut-on dire pour autant que les pièces présentées résonnent d?une signification nouvelle ? « Dans La Poudre d?intelligence, adaptation de Youcef Mila, on retrouve l?ambition du metteur de scène de pratiquer un théâtre total où pratiquement tous les arts sont convoqués », fait observer un boulimique de la scène. Le jeu des lumières, les effets sonores, la chorégraphie et la scénographie sont carrément de l?ordre du feu d?artifice visuel et corporel, perçoit-il. Le passage d?un théâtre très sombre, dépouillé et où la politique s?offre en premier plan vers un spectacle-fête, moins franc-tireur, marque un choix, un contexte différent et autre que celui des années 1960. « Toujours est-il que le spectacle théâtral relève du domaine de l?inachevé », considère le metteur en scène, Assous. Pour lui, le thème de l?amour est pratiquement prédominant dans beaucoup de spectacles admis en compétition. Alors qu?avant, il y avait un certain embarras à aborder cette « chose » avec la gestualité qu?il exprime le mieux et dans la proximité qui lui sied si bien. Dans El Haïla, ?uvre adaptée par la troupe de Koléa, d?après le texte de Tchekhov, l?Ours, mais aussi avec Koul ouahed ou hokmou de la coopérative Kanki de Meliana, ou encore La descente aux enfers d?Ishtar, de la troupe Praxis de Miliana, c?est plutôt un amour contrarié, inassouvi, dont l?épilogue est synonyme de mort, de folie et de déchéance. Le spectacle présenté par Praxis creuse, lui, de façon plus forte, le recours au mythe. Cette convocation du mythe s?accompagne d?une scénographie du dédoublement. « C?est symptomatique de quelque chose qu?il faudra profondément fouiller », estime-t-on. Pour certains hommes de théâtre, cette « tendance » est symptomatique d?un désarroi en ce sens qu?elle reflète une difficulté à exprimer des idées, des émotions. D?où, est-il relevé, le recours en particulier à la chorégraphie pour tenter de faire passer ce que les dialogues et les paroles peinent à assumer.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M. Abdelkrim
Source : www.elwatan.com