
Les assassinats de Palestiniens se poursuivent. Quel que soit leur âge. C'est une règle établie depuis la création d'Israël en 1948 et c'est pourquoi il ne peut s'agir d'actes isolés ou dont les auteurs seraient des extrémistes. Par rapport à quoi le seraient-ils si le discours encourage de tels actes et, dans le même temps, la justice se montre conciliante et même complice. C'est la suite de la guerre faite aux Palestiniens qui se poursuit à travers leur persécution, leur dépossession et le climat de terreur.C'est ce système que les Palestiniens s'attellent à démontrer à ceux qui refusent obstinément d'admettre cette réalité qu'ils veulent porter devant la Cour pénale internationale (CPI). Dans le même temps, c'est cette démarche que les autorités israéliennes tentent de contrarier, sinon de dissuader en s'en prenant à ceux qu'ils désignent comme des extrémistes et même des terroristes juifs. La démarche paraît habile puisqu'elle consiste à pointer du doigt un groupe d'individus et rien d'autre que la société israélienne n'a jamais été aussi extrémiste.Il n'est pour cela que de se rappeler de quelle manière a été accueilli l'assassinat, en 1995, de l'ancien Premier ministre Yitzhak Rabin, coupable d'avoir conclu la paix avec les Palestiniens. Un acte puni de la peine de mort. La page est ainsi tournée puisque les Israéliens éliront aux plus hautes fonctions les anti-paix.Et Benjamin Netanyahu, devenu Premier ministre en 1996, a justement fait campagne contre les accords d'Oslo. Ou encore en février 2000, lorsqu'Ariel Sharon a été élu avec les mêmes engagements.D'ailleurs, dès son élection, il a annoncé «la mort des accords d'Oslo». Tout un programme qui allait être mis en ?uvre. La situation faite aux Palestiniens est devenue telle que les plus proches alliés d'Israël parlaient d'un Etat d'apartheid, ce régime foncièrement raciste instauré par la minorité blanche qui a marqué l'Afrique du Sud de 1948 à 1994. Pour beaucoup cependant, c'est déjà le cas avec la multiplication d'actes antipalestiniens, leurs auteurs jouissant d'une totale impunité. Et tous ceux parmi les Israéliens qui dénoncent une telle situation sont eux aussi pourchassés, traqués et bâillonnés.La voix des antiguerre, comme on les appelle, ou encore les partisans de la paix, a été étouffée. Et dire que même le président israélien a eu droit à des menaces pour avoir condamné le «terrorisme juif» après un incendie criminel ayant tué un bébé palestinien. «Malheureusement, il semblerait que nous ayons jusqu'ici traité le phénomène du terrorisme juif avec légèreté», a-t-il ajouté, laissant entendre que le phénomène serait nouveau, alors même qu'il découle d?un système avec ses lois et ses exécutants, la forme la plus connue étant le choix des électeurs qui s'est toujours porté, sans la moindre distinction, sur les seuls opposants à la paix avec les Palestiniens, et donc à un Etat du même nom, ou encore la solution à deux Etats comme le recommande l'ONU depuis qu'elle a voté le plan de partage de la Palestine en novembre 1947.Depuis cette date, l'organisation internationale en est à dresser la liste des crimes israéliens, jusqu'à adopter, en 1975, une résolution assimilant le sionisme au racisme ou encore à réitérer ses positions sur la question palestinienne, et donc y compris les formes de règlement.Quelque chose a changé depuis que l'Etat de Palestine fait partie du système onusien. Les Palestiniens ont ainsi annoncé avoir déposé devant la CPI à La Haye un dossier sur la mort du bébé palestinien. Une nouvelle bataille dans un contexte nouveau, avec un soutien à la cause palestinienne considérable. Les dirigeants israéliens en ont pris l'exacte mesure, c'est ce qui explique cette volonté de vouloir sauver un système.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohammed Larbi
Source : www.elwatan.com