Mila - Revue de Presse

Reformatage



L?avenir de l?école privée en Algérie n?a jamais été aussi incertain que depuis la décision (politique) prise par les pouvoirs publics de mettre fin à la dualité introduite dans les programmes scolaires par le système d?enseignement privé. Les établissements qui ont retiré leurs agréments après avoir subi avec succès l?examen de passage en répondant aux rigoureux critères exigés d?eux tant en matière de locaux, de programme que d?encadrement technique ont terminé l?année scolaire avec un profond soulagement. Soulagés de ne pas faire les frais des déchirements que connaît le système de l?éducation qui n?en finit pas de rechercher sa voie comme on l?a encore vu avec la polémique née autour de la suppression de la filière islamique dans le palier secondaire. Mais pas rassurés pour autant. Que vont devenir tous ces élèves auxquels il sera exigé à partir de l?année scolaire prochaine un effort pédagogique qui relève carrément de la gageure ? Faire table rase de tout ce qu?ils ont assimilé comme connaissances, méthodes d?enseignement, contenu pédagogique de l?enseignement, langues usuelles... et se fondre, du jour au lendemain, dans le système éducatif national conventionnel, c?est à un travail de reformatage des esprits auquel les élèves-cobayes seront soumis dès l?année prochaine. Les parents d?élèves qui ont couru le risque d?opter pour l?école privée, mus par le seul souci de l?efficacité et encouragés par les résultats catastrophiques de l?école publique, ne sont pas tous issus de la nomenklatura ou de classes sociales aisées marquées idéologiquement par la culture française comme on veut le faire croire pour discréditer ce système d?enseignement qui a fait ses preuves en un temps très court. Les écoles privées accueillent de plus en plus des enfants de toutes conditions sociales. Y compris des enfants issus de couches moyennes et modestes lesquelles n?hésitent pas à consentir de durs sacrifices pour financer les études de leur progéniture. L?école privée, élitiste peut-être à ses débuts, s?est aujourd?hui popularisée. Et elle le sera davantage si l?école publique continue à cumuler les échecs et les contre-performances pédagogiques. L?enjeu de l?école publique algérienne est ailleurs que dans la langue d?enseignement. Il est dans ces classes surchargées, dans la qualité de l?enseignement, dans le contenu des programmes et dans le niveau pédagogique des enseignants. Ces hypothèques levées, la place de l?école privée ne dépassera pas l?espace naturel qui lui est réservé même dans les sociétés développées.
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