Mila - A la une

Ramadhan à Mila El-machaâl est toujours là !



Ramadhan à Mila                                    El-machaâl est toujours là !
Les habitants des mechtas isolées de Mila ont toujours recours à une pratique ancestrale pour annoncer la rupture du jeûne à ceux qui ne peuvent entendre le muezzin.
Parmi les vieilles traditions propres au mois sacré qui subsistent encore à Mila, on trouve el-machaâl, flambeau allumé au moment du f'tour. Cette ancienne pratique est toujours de mise à Sidi Merouane, commune du nord de Mila, grâce à la bonne volonté des Kchichou, une famille de campagnards installée sur les hauteurs du village, au lieudit Fedj El-Kharroub. En effet, El-machaâl continue de s'allumer tous les jours du mois sacré, au moment où le muezzin appelle à la prière du maghreb.
Ce signal lumineux permet aux habitants des mechtas qui n'entendent pas l'appel du muezzin de se rendre compte du moment de la rupture du jeûne. Pour l'historique de cette pratique qui date de quelques années après l'indépendance, elle a été initiée par un cheikh, enseignant du Coran, appelé Mohammed Kchichou, à la demande de certains habitants de la région qui n'entendaient pas l'appel du muezzin. En effet, selon la personne qui perpétue actuellement la tradition, Djamel-Eddine Kchichou en l'occurrence, c'est au mois de Ramadhan de l'année 1966 que des gens sont venus demander à son père de leur signaler le moment du f'tour avec un signal lumineux, car eux, en raison des reliefs et des obstacles naturels n'entendaient pas l'appel du muezzin qui se faisait encore sans porte-voix. 'Ce sont des habitants des régions de Tadrar et de Makhenache. Comme ils ne pouvaient pas entendre le muezzin en raison de leur éloignement du village et des reliefs, ils ont demandé à mon père, enseignant de Coran à l'époque, de leur signaler le moment de la rupture du jeûne avec un flambeau. Et depuis, el-machaâl est devenu une pratique qui revient chaque mois de Ramadhan", nous dira D. E. Kchichou., qui, après la mort de son père en 1981, perpétua la pratique. Depuis donc le Ramdhan de 1981, c'est le fils Djamel Eddine, âgé aujourd'hui de 65 ans, qui entretient le flambeau. 'J'utilise une brassée de paille et des branches sèches pour avoir rapidement du feu quand l'appel du maghreb est lancé. Je mets la paille sur un plateau en terre cuite et dès que le muezzin appelle au maghreb, j'y mets le feu. Le flambeau est allumé !". Rappelons qu'à l'époque, les enfants se mettaient à entonner des chants dans les ruelles des mechtas dès que s'allumait el-machaâl pour en avertir les adultes qui se calfeutraient chez eux à l'approche du f'tour. Ces chants ont disparu, alors qu'el-machaâl est toujours là.
K B
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)