Mila - A la une

Qui fera le "sale" boulot'



Aucun pays n'est nommément cité pour le moment, mais certaines sources européennes ont laissé entendre que la Tunisie pourrait constituer un des lieux envisagés.L'Union européenne veut se débarrasser des migrants qui veulent s'installer sur son sol. Elle s'attelle donc à un chantier aussi complexe que périlleux: l'installation de centres de tri hors de ses frontières. Une autre manière de fuir la responsabilité historique qu'elle porte par rapport à ce phénomène, mais aussi et surtout de tirer le meilleur de cette opération qui consistera à sélectionner et ouvrir les portes aux individus diplômés, spécialisés qui seraient opérationnels sur le champ. Une razzia sur les cerveaux africains en particulier pour vider davantage un continent, des pays, dont elle a déjà par le passé pillé les ressources. Pour ce qui est du présent elle est sur le point de concocter une nouvelle stratégie pour sceller le sort de ceux qu'elle a poussés à affronter les vagues en furie de la Méditerranée, sur des embarcations de fortune au péril de leur vie après avoir effectué pour beaucoup d'entre eux leur traversée du désert. La Commission européenne a donc annoncé, hier, avoir invité les dirigeants de plusieurs pays de l'UE à une «réunion de travail informelle» dimanche prochain à Bruxelles sur l'asile et les migrations. Le but de cette réunion est de travailler à des solutions européennes en vue du Conseil européen des 28-29 juin, dont les migrations constitueront l'un des principaux thèmes, sur fond de profondes divisions entre Etats membres a-t-elle fait savoir. L'UE n'a en tout cas pas l'intention d'assumer le chaos qu'elle a elle-même créé. «Les pays méditerranéens en Europe doivent assumer leur part de responsabilité, mais les pays d'Afrique du Nord aussi», avait déclaré Vincent Cochetel, envoyé spécial du HCR pour la Méditerranée centrale. «Il faut que tous les Etats coopèrent à la mise en place de plateformes de débarquement, avec un mécanisme régional un peu similaire à celui qui existait dans les années 70 en Asie du Sud-Est lors de la crise des boat-people», avait-il suggéré. Pas un mot par contre sur les origines de cette dramatique situation. Sur le chaos provoqué en Libye et en Syrie qui a donné naissance à cette autre forme d'exil: l'immigration clandestine.
Les expéditions militaires, les bombardements, les soutiens logistiques qui ont été menés contre les pays arabes au Moyen-Orient (Irak et Syrie), en Afghanistan ou au Maghreb (en Libye) au nom de la liberté et de la démocratie sous la bannière de l'Otan pour mettre fin au règne sans partage de leurs dirigeants ont tous accouché de situations chaotiques. Elles ont tissé le lit du terrorisme international, instauré des climats de guerre civile et de terreur imposés par des factions tribales rivales qui ont poussé des milliers de personnes à fuir vers ces pays européens pour la plupart (France, Italie, Allemagne...) qui leur ont fait miroiter des lendemains meilleurs pour les abandonner sans aucun remords à leur triste sort.Il ne leur restait comme ultime issue pour fuir leurs pays dévastés que de prendre le large. Fuir l'enfer provoqué. Les Etats-Unis, la France, la Grande- Bretagne... qui ont pris la tête de ces «croisades des temps modernes. Ces pays ont été à l'origine du drame vécu par ces milliers d'enfants, de femmes et d'hommes, récupérés en mer pour les plus chanceux d'entre eux. L'UE, l'Occident récoltent les fruits de la guerre d'Irak pour mettre fin au règne de Saddam Hussein, de l'intervention militaire en Libye pilotée par l'ancien président français Nicolas Sarkozy pour faire tomber l'ex-dirigeant de la Jamahirya, Mouaamar El Gueddafi ou du conflit syrien pour écarter Bachar el Assad. Cela témoigne tout simplement d'une évidente mauvaise foi pour ne pas identifier les tenants et les aboutissants de cette tragédie humaine. C'est donc une Europe dépassée qui envisage d'impliquer d'autres pays dans une page dramatique de l'histoire de l'humanité qu'elle a été seule à écrire. Qui fera le «sale» boulot' Aucun pays n'est nommément cité pour le moment mais certaines sources européennes ont laissé entendre que la Tunisie pourrait constituer un des lieux envisagés.
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