
L'Algérie signera, en 2016, deux accords douaniers avec la Chine et l'Union européenne pour lutter contre le transfert illicite des devises.La nouvelle conjoncture économique semble pousser les pouvoirs publics à faire montre de plus de célérité -du moins dans le discours- dans la lutte contre le transfert illicite des devises. Dans ce cadre, l'Algérie signera, en 2016, deux accords douaniers avec la Chine et l'Union européenne pour lutter contre le transfert illicite des devises, tandis qu'un accord similaire a déjà été signé avec l'Argentine, selon le directeur général des Douanes, Kaddour Bentahar, cité par l'APS.Une initiative qui intervient alors que le pays a totalisé environ 15 milliards de dollars de fuite de capitaux entre 2004 et 2013, selon les données publiées récemment par Global Financial Integrity (GFI). Dans un précédent rapport édité en 2014, le cabinet américain GFI avait classé le pays à la 46e place sur 151 pays concernés par ce fléau qui a coûté à l'Algérie 16 milliards de dollars de flux financiers illicites entre 2003 et 2012, soit une moyenne de 1,575 milliard de dollars de fuite de capitaux par an.Dans un rapport intitulé «Flux financiers illicites issus des pays en développement : 2003-2012», le cabinet américain avait révélé que les fuites de capitaux ont augmenté crescendo depuis le début des années 2000, «au détriment du développement de la croissance, de l'emploi, et du bien-être de la population». Le ministre du Commerce, Bakhti Belaib, a lui-même reconnu, récemment, la gravité du problème, étant donné les montants exorbitants de transferts illicites via des opérations d'importation frauduleuses «qui ont servi de couverture, de subterfuge à de vraies opérations illicites de transferts de capitaux».Il a expliqué, il y a quelques semaines, que «ces mêmes transferts illicites sont souvent organisés par le truchement de sociétés-écrans de droit des pays fournisseurs, dont les véritables propriétaires ne sont autres que des importateurs algériens». Il souligne que ce courant de fraude «remonte à la fin des années 1990», ajoutant que «le gouvernement a tenté de le combattre sans grand succès avec l'imposition des valeurs limites, appelées valeurs administrées».Une coopération possible avec la chine 'Le ministre évalue le montant des transferts illicites à 30% du montant facturé pour certaines marchandises importées frauduleusement par des opérateurs indélicats. «Il faut bien préciser que le taux de 30% que j'ai indiqué est un taux moyen, car il y a de nombreux cas où ce taux est bien plus élevé et peut atteindre des niveaux de 200%, voire même de 300% », avait précisé le ministre, dont une première déclaration avait laissé entendre que le montant des transferts illicites correspondait à 30% de la valeur totale des importations, soit quelque 20 milliards de dollars.Un chiffre qui a ensuite été démenti par le ministre, qui a argué que ses propos avaient été mal compris par la presse. Il reste à savoir si les accords, qui vont être signés avec la Chine notamment, seront réellement suivis d'effet au vu du classement de ce pays au premier rang des pays concernés par la fuite des capitaux avec, notamment, 1250 milliards de dollars illicitement transférés entre 2003 et 2012. A noter que la Chine représente plus de 47% des échanges avec l'Algérie. «Cet accord nous permettra de demander des informations très précises qui intéressent la valeur en douane pour constater et réprimer, le cas échéant, toute fraude commerciale», explique en tous cas le patron des Douanes à l'APS.En outre, M. Bentahar fait savoir que dans le cadre de la renégociation de l'Accord d'association avec l'UE, l'Algérie demandera la mise à disposition, en terme d'échange d'informations, de la banque de données concernant les aspects douaniers à communiquer aux Douanes algériennes. «Le gouvernement a donné son accord et nous sommes en pleine négociation», affirme-t-il. Afin de renforcer les capacités nationales en matière de répression de la fraude économique, un accord bilatéral d'échange d'informations a déjà été signé, dans ce sens, le 3 décembre en cours avec l'Argentine.Selon M. Bentahar, cet accord entre dans le cadre de l'assistance mutuelle et administrative avec l'Argentine. En fait, relève le même responsable, «ces accords constituent des instruments forts et efficaces pour mieux lutter contre les transferts illicites des devises et la délinquance financière qui touchent au commerce extérieur».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zhor Hadjam
Source : www.elwatan.com