Au message clair du peuple qui réclame le départ du système et de tous ses relais, les décideurs continuent de répondre par la diversion. "Yetnahaw ga3 !" (qu'ils s'en aillent tous) est, en effet, la revendication scellée et non négociable de la rue depuis le fameux soir de la démission du président Bouteflika. Mais hormis cette concession qui consiste à renoncer au 5e mandat, les tenants du pouvoir se contentent, depuis, de quelques changements de façade. Ce qui cache mal leur désir de se maintenir. Afin de calmer la rue, les décideurs continuent, en effet, de tenter des man?uvres très peu crédibles. Après avoir procédé au remplacement du contesté président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaïz, le pouvoir est passé, depuis quelques jours, aux man?uvres visant la restructuration de ses partis et appareils, le FLN, le RND, l'UGTA, le FCE et bien d'autres organisations satellites. Or, ces partis, appareils et organisations sont contestés dans leur globalité. Aux yeux du peuple, il ne sert à rien, en effet, de procéder au changement des directions de ces structures connues pour avoir été partie intégrante du système. Donc, seule leur "mise au musée", pour ne pas dire "dans la poubelle de l'histoire", est à même de satisfaire l'opinion. Mais le pouvoir feint de ne pas le comprendre. Mieux, il semble encourager, voire soutenir, les mouvements de redressement subitement nés au sein des partis et des organisations suscités.Une manière pour lui de donner l'impression d'avoir entendu la rue pour évincer certaines têtes connues, à l'instar des secrétaires généraux du FLN, du RND et de l'UGTA, en l'occurrence Mouad Bouchareb, Ahmed Ouyahia et Abdelmadjid Sidi-Saïd. Dans cette optique, faut-il le rappeler, des dizaines de "militants" contestataires avaient tenu, en début de semaine, un rassemblement devant le siège du RND pour réclamer le départ d'Ouyahia, alors que le FLN annonce la tenue de la réunion de son comité central pour après-demain. La direction de l'UGTA a, quant à elle, annoncé hier la tenue de son congrès pour les 21 et 22 juin prochain. Autant d'échéances ainsi préméditées pour acter les changements annoncés. Des changements similaires se sont produits auparavant au sein d'autres organisations appendices du pouvoir, dont le FCE d'Ali Haddad, le premier à être sacrifié. D'autres organisations acquises au pouvoir sont également appelées à connaître le même scénario.
Ces changements trahissent, cependant, la volonté du pouvoir de sacrifier certains de ces hommes pour ne pas céder sur l'essentiel. En effet, il est difficile de croire à une quelconque volonté politique de remettre le pouvoir au peuple. L'objectif du pouvoir serait, au mieux, de jouer la montre jusqu'à essoufflement de la révolte populaire, afin de se régénérer avec les mêmes instruments relookés. C'est compter sans la détermination et la prise de conscience du peuple qui semble plus que jamais armé pour pouvoir déjouer toutes les man?uvres du système.
Farid Abdeladim
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Farid Abdeladim
Source : www.liberte-algerie.com