Mila - A la une

Quand le fiasco révèle la sous-traitance



Une bonne volonté et des décisions courageuses que certaines sphères ont su exploiter au détriment de l'argent public et des intérêts de la wilaya.C'est avec pompe et fanfare qu'un lobby étranger au circuit administratif du secteur de l'agriculture a réussi à induire tout le monde en erreur à annoncer sans vergogne le projet d'une plantation de 100 000 cerisiers dans la commune de Ouled Driss, dans la wilaya de Souk Ahras.
C'était en 2016, une année d'espoir et de grands projets, durant laquelle les pouvoirs publics et le wali de l'époque déverrouillaient tous les couloirs susceptibles d'apporter un plus pour l'économie locale. Une bonne volonté et des décisions courageuses que certaines sphères ont su exploiter, au détriment de l'argent public et des intérêts de la wilaya.
«Présenté de manière à convaincre, sans trop insister sur les limites de cet ambitieux programme de 100 000 cerisiers, son initiateur savait très bien ce qu'il espérait récolter depuis la création fictive des coopératives agricoles», a soufflé à El Watan une source administrative très au fait du fiasco de la filière des cerises.
Deux années après, les arbres en question offrent un décor de désolation et ne laissent aucune chance au promoteur d'une idée mort-née, et qui en dit long sur le mal de la sous-traitance dans des secteurs aussi névralgiques que celui de l'agriculture.
Voici une confirmation prise auprès d'un arboriculteur de ladite commune: «Pour la culture des cerises de la région et dont la réputation est justifiée par sa grande qualité, il n'est pas permis de songer à la préservation de ce label sans recourir à des conditions universelles de production, ou à défaut, respecter les méthodes traditionnelles, à commencer par le choix des lieux de plantation.
Or, un novice vous dira que les conditions dans lesquelles a eu lieu la désignation des espaces cultivables sont pour faciliter l'échec, et l'échec fut.»
Des cadres du secteur de l'agriculture, qui ont longuement critiqué les intrus à l'agriculture érigés par la grâce de certaines accointances en conseillers aux décideurs locaux, ont également évoqué des situations similaires pour d'autres filières qui ont déjà montré leurs limites et révélé les méfaits avérés de la sous-traitance administrative.
C'est le cas pour le pistachier et les figues de Barbarie (opuntia), dont les champs visités chaque année au gré des passages des promoteurs de l'arnaque.
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