Le week-end prolongé de la célébration des fêtes de l'aïd n'a pas laissé planer le doute sur la situation exécrable qui s'annonce d'ores et déjà pour cette saison estivale sur les plages d'Aïn El-Turck. En effet, selon le constat établi sur le terrain, le slogan sur la gratuité des plages ne semble à priori qu'une chimère, et ce en se référant à la nuée de solariums clandestins qui s'est accaparé de grandes superficies de sable. Cette activité informelle saisonnière, gérée en général par des individus dénués de tous sens, présage le sordide, qui a caractérisé l'essentiel de l'ambiance sur ces plages au cours des précédentes saisons estivales. Les batailles rangées ayant opposé, les étés précédents, des bandes rivales, des émules invétérées dans cette activité informelle, armées jusqu'aux dents, pour le contrôle des espaces au bord de la mer, ont semé terreur et panique parmi les vacanciers médusés. Vraisemblablement outrés au plus haut point par la dégradation manifeste des plages, dont la plupart ont été carrément et fort malheureusement bidonvillisées, des riverains abordés à ce propos par Le Quotidien d'Oran ont fait remarquer que «l'incivisme et sa fratrie occupent le même banc des accusés aux côtés des responsables concernés par cette curée innommable, qui est à l'origine de la désuétude des plages, et ce pour répondre du principal grief de dégradation volontaire de l'environnement, sans circonstances atténuantes. Ce délit figure sur le texte juridique et il est puni comme tel conformément aux lois de la République. Il suffit tout simplement de le dépoussiérer et de l'appliquer pour rétablir l'ordre», avant d'ajouter en substance «la transgression d'un arrêté du ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales relative à l'interdiction de solariums clandestins, l'installation des baraques illicites sur les plages et toute autre activité sans autorisation, en référence notamment au gardiennage de véhicules, a été perpétrée allégrement durant la dernière saison estivale sans pour autant que les contrevenants ne soient inquiétés, encore moins rappeleés à l'ordre». D'autres interlocuteurs du village côtier de Cap Falcon et la localité de Coralès ont déploré, en plus de la saleté ambiante de cette prestigieuse côte et l'obstruction des accès aux plages, le déversement des eaux usées dans la mer depuis des années. Ce triste état de fait est à l'origine d'une large diversité de répercussions négatives sur les conditions de séjour pour les vacanciers et par ricochet sur l'environnement dans cette région côtière, appelée, comble de l'ironie, à participer pleinement à l'essor du tourisme, l'un des poumons de l'économie du pays et a encore été choisie comme zone d'appui pour les Jeux méditerranéens qu'organisera la capitale de l'Ouest en 2021. «A mon humble avis, nous avons beaucoup à apprendre pour prétendre d'être en mesure d'assumer ces responsabilités malgré les nombreuses potentialités qu'offre notre contrée. Ce n'est certainement pas avec ces multitudes regroupements de constructions illicites et autres alignements de masures hideuses sur les plages, qui ne cessent de foisonner au fil du temps, que nous réussirons à forcer l'admiration. Il y a longtemps que nos responsables auraient dû retrousser leurs manches pour mener à temps des opérations régulières avec un suivi rigoureux à même d'apporter des correctifs qui permettront d'améliorer les conditions d'accueil pour les vacanciers d'une part et du cadre de vie de la population d'autre part», a souligné un habitant de la localité de Bouisseville, avant d'ajouter «ce n'est pas en lançant précipitamment, à la veille de la saison estivale, des opérations d'embellissement anodines de bricolage, que nous parviendrons à leurrer notre monde et le convaincre à nous accorder de bonnes notes. L'aberrant est que nos responsables ne semblent encore pas sortis de leur hibernation». D'autres remarques, encore beaucoup plus pertinentes et lourdes de sens, ont été formulées à ce sujet par nombre d'autres interlocuteurs, adeptes du rétablissement de l'ordre, dans tous les sens du terme. Cette situation morbide a désagréablement surpris nombre de familles, au cours de ce premier week-end après le mois de carême, lors d'une sortie d'oxygénation aux plages qui font cruellement peine à voir. «Cette année, comme les précédentes, les responsables concernés ont annoncé qu'ils mèneront une opération de restauration, mais nous n'avons encore rien vu venir. Le contraire nous aurait vraiment étonnés», ont a déploré nos interlocuteurs. Des déclarations similaires ont été formulées par d'autres riverains sur le résumé d'une situation loin d'être enviable d'une contrée qui se réduit insidieusement en peau de chagrin dans la plus parfaite indifférence des uns et des autres.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rachid Boutlélis
Source : www.lequotidien-oran.com