L'Algérie, dotée de ressources financières considérables, gagnerait à s'engager dans une sorte de 'plan Marshall' en direction des pays du Printemps arabe, de façon de les doter de fonds nécessaires à leur reconstruction tout en fructifiant son épargne publique, a recommandé hier un économiste algérien.
Ce plan, similaire au fameux 'plan Marshall' mis en place par les Etats-Unis pour la reconstruction de l'Europe au lendemain de la fin de la Seconde Guerre mondiale, semble réalisable, vu 'l'ampleur de son épargne publique' et ses réserves de changes estimées à 173 milliards de dollars (mds usd), a estimé le Dr Bachir Messaitfa lors d'une conférence organisée par le quotidien Ech-Chaâb. L'Algérie peut saisir 'cette opportunité historique', en investissant une partie de ses fonds, 40 mds usd par exemple, en Egypte, en Tunisie et en Libye, a-t-il préconisé.
Pourquoi alors 'ne pas aller investir en Tunisie, endettée de 15 mds usd pour une population de 11 millions d'habitants ' Nous (l'Algérie) pourrions avoir un rendement à hauteur de 50% si nous investissons dans le tourisme tunisien au lieu des 4% que nous récoltons annuellement sur les bons de Trésor américain', estime-t-il. L'Egypte, où la dette dépasse les 35 mds usd, aurait besoin, soutient M. Messaitfa, de 15 mds usd pour sa reconstruction, une enveloppe qui 'pourrait facilement être partiellement couverte par l'Algérie en contrepartie de rendements importants', a-t-il poursuivi. Il s'agit tout simplement de profiter 'des avantages comparatifs' de chaque partie : d'un côté les pays qui ont besoin de financement et de l'autre, l'Algérie qui dispose d'énormes potentialités financières qu'elle 'n'arrive pas à fructifier', a-t-il soutenu. Mais pour rendre possible de telles actions, la création 'en urgence' d'un fonds souverain algérien s'impose, a préconisé cet économiste en appelant les autorités à 'ne pas sous-estimer les compétences locales qui seront en mesure de gérer ce fonds, une fois formées'.
Le fonds aurait pour mission, à l'instar des autres fonds de souveraineté dans le monde, de 'maximiser le rendement' de l'épargne publique, a souligné M. Messaitfa en déplorant l'existence de '20 milliards usd de surliquidités bancaires' en Algérie.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Liberté
Source : www.liberte-algerie.com