La pédagogie est un art qu'il faut savoir exercer dans l'intérêt des jeunes apprenants et c'est un combat à mener tous les jours pour des résultats fructueux.En tant qu'art majeur, il doit être d'une grande importance dans le champ culturel. Quiconque est appelé à l'exercer doit avant tout avoir des qualités innées comme dans tout autre art qui se veut performant. La pédagogie doit être à la base des connaissances d'un enseignant qui veut faire du travail propre, honnête, efficace. Pour enseigner, il faut beaucoup de conditions, cela ne consiste pas uniquement à réunir un ensemble d'enfants pour leur enseigner quelques rudiments en calcul et en langue que l'on manipule aisément. C'est bien plus profond qu'on ne le pense.
Même pour l'enseignement des chiffres et des lettres de l'alphabet, des syllabes et des premiers mots choisis pour qu'ils correspondent bien à ces premiers rudiments, il faut du talent et un bon niveau de culture générale qui permettent de comprendre pourquoi il faut arriver à les faire mémoriser par les petites pensantes des enfants et comment arriver à intéresser ces petits enfants bien plus difficiles étant donné leur âge et leur manque de maturité. Surtout évitez de leur faire honte car ils vous tiendront rancune toute leur vie. Certains sont rancuniers de nature, quelques autres peuvent le devenir par accident de parcours.
Alors méfiez-vous en. Ce qui signifie qu'en plus de la pédagogie, d'un bon niveau de langue et de culture générale, il faut des connaissances certaines en matière de psychologie de l'enfant qui s'acquièrent par le temps, même au contact des collègues désireux de discuter des problèmes d'assimilation, de déconcentration, de réceptivité, de comportement des enfants. En plus des problèmes d'apprentissage des élèves, il y a aussi les problèmes d'apprentissage des maîtres d'école.
Pour comprendre la pédagogie, l'enseignant doit être investi d'un bon niveau de culture
Que d'enseignants se sont heurtés aux difficultés qu'ils ont eues à comprendre les différents concepts de pédagogie à maîtriser si on cherche à assurer un enseignement de qualité. Les plus importants à comprendre et qui sont à la base de la pédagogie, il s'agit, par exemple, des capacités émotionnelles qui sont des réactions à une punition, les uns rient ou restent indifférents pour défier le maître, d'autres pleurent, quelques uns, poussés par la colère osent même demander des explications alors qu'ils savent bien pourquoi ils ont été punis.
La conscience de chaque enfant qui est à observer scrupuleusement pour en connaitre la valeur exacte. A ne pas oublier, vu son importance, l'élan vital spirituel de l'enfant dont il faut connaitre la source qui fait tourner son moulin. «Le seuil d'intervention» est imposé au vrai pédagogue qui connait les limites en deçà ou au-delà desquelles on évite d'intervenir ; si on fait moins à l'élève, il est bloqué parce qu'il ne peut se débrouiller seul, si on lui fait plus on se substitue à lui pour le travail de réflexion personnel, dans ce cas, on détruit en lui l'impulsion créative. L'enseignement doit avoir pour but de multiplier les occasions de réflexion sans lesquelles ses capacités de création s'étiolent pour devenir nulles si l'on n'y remédie pas. On ne peut s'imaginer la joie immense et le bonheur qu'il éprouve lorsqu'il fait des découvertes. L'enseignement devient épanouissant s'il consiste à faire de l'élève un participant actif.
A ce sujet, on a relevé au cours de nos lectures, la pensée d'un spécialiste de la pédagogie qui dit : «Je ne donne jamais la noix épluchée à un élève car, dans ce cas sa pensée s'engraisse comme une volaille et je préfère une pensée maigre qui chasse son gibier». Et lorsqu'on a la responsabilité de trente, quarante élèves, il y a autant d'élèves que d'individualités. On travaille en respectant la différence. Chacun des élèves a ses capacités de mémorisation, de compréhension, de création ; de plus, il a son caractère, son intimité, il faut éviter de le blesser car il vous tiendra rancune toute sa vie, il garde des souvenirs vifs même de sa première année d'école.
Le véritable enseignant doit connaître beaucoup pour enseigner peu et bien
Sa culture doit être très vaste pour dominer son enseignement et savoir se remettre en question. Tout d'abord, il lui faut confectionner tout seul ses fiches pour chaque matière conçues spécialement pour sa population scolaire. Ne commettons la bêtise comme celle qui a été faite il y a de cela quelques décennies où des fiches ont été réalisées pour l'ensemble du pays si bien que tous les enseignants ont travaillé dans l'uniformité.
Chacun devait lire attentivement sa fiche avant de l'enseigner à ses élèves et ça a donné les résultats que l'on connait. Un enseignement qui ne tient pas compte de la diversité est voué à l'échec et c'est la négation du progrès pour l'enseignant qui n'a plus besoin de faire de la recherche pour actualiser son enseignement et l'adapter à ses élèves. C'est pourquoi la culture de l'enseignant doit être vaste.
L'enseignement le plus élémentaire, le plus simple, exige de la part du maître, des connaissances très sûres et très étendues. Enseignement élémentaire ne signifie pas enseignement vague, formel, tout en formules approximatives et décolorées, en idées générales, vides de leur contenu concret. Plus un enseignement est élémentaire, plus il doit être précis, nourri de faits et d'images vives, parce que seuls les faits et les images parlent à l'esprit des enfants et se fixent dans leur mémoire. On ne fait bien que ce l'on voit de très près.
L'enseignant s'occupe d'un ensemble de matière qu'il doit dominer pour que son travail soit précis, nourri de faits et d'images vives qui parlent à l'esprit des enfants. L'enseignement des matières donné par un maître qui tâtonne est inefficace et s'il persiste toute l'année, c'est la médiocrité qui s'installe et quels dommages pour les pauvres élèves !
Donc, l'enseignement n'est pas une sinécure
C'est un métier noble et il l'est incontestablement au vu des tâches ardues qui attendent le maître. Il fut un temps, il était assez bien payé et le maitre avait beaucoup de considération auprès de la population, et le maître, s'il était le meilleur savait rendre la réciproque et de meilleurs exemples, il en existe. La mémoire populaire a cité des cas. Un jour, un jeune enseignant débutant avait été envoyé, par chance, dans un village où l'école était à classe unique, il y avait tous les niveaux, du cours d'initiation à la classe d'examen et l'école a existé à peu près quarante ans avant la nomination de ce jeune enseignant débutant.
Ce dernier a épaté la population car malgré les difficultés d'une classe unique, il a fait un travail admirable que n'ont jamais été réalisés par ses prédécesseurs, pourtant plus anciens à leur passage au village. Il avait eu même des admis aux examens alors que durant les quarante d'existence, jamais il n'y a eu de succès. Ceux qui se souviennent de lui ne tarissent pas d'éloges pour son talent, sa compétence, son dynamisme et surtout sa volonté de bien faire. Au bout de cette année, il lui fallait partir là où l'administration l'avait nommé comme auxiliaire, mais c'est un homme qui a fait carrière dans l'enseignement et où il étai passé, il avait semé la bonne graine.
Un autre vrai pédagogue a donné les preuves de ses qualités à l'?uvre, c'est en classe avec ses élèves. Il avait le don de bien parler en faisant son cours si bien qu'à la fin de la séance tout le monde avait écouté d'une oreille attentive et tous avaient. retenu la leçon au point de n'avoir pas besoin de réviser pour la composition. C'était une personnalité qui devait avoir une vaste culture générale. Aussi quand il enseignait, il devait aller au-delà de la leçon d'arithmétique, de grammaire, de géographie, d'histoire et on sentait qu'il avait la maîtrise de toutes ces matières enseignées ; il avait par ailleurs le don de transmettre les connaissances et il était né pour l'enseignement.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Boumediene Abed
Source : www.lnr-dz.com