Dans la foulée des réactions suscitées par l'appel de détresse de Djamila Bouhired, l'Association pour la défense des assurés sociaux (ADAS), par la voix de son secrétaire général, Sid Ali Aoun, apporte son soutien inconditionnel à la valeureuse moudjahida.
L'ADAS saisit aussi cette occasion pour remettre en cause notre système de sécurité sociale et de notre système de santé. « Récemment, un large mouvement de solidarité s'est manifesté en direction d'une personnalité qui a incarné la lutte de Libération nationale. Cette solidarité, à laquelle l'ADAS s'associe pleinement, doit aussi s'exprimer à l'égard des travailleurs et syndicalistes victimes de licenciement ou de suspension suite à des conflits sociaux, et qui ne bénéficient d'aucune couverture sociale pour eux-mêmes et leurs familles (ayants droit), notamment pour les malades chroniques », déplore l'ADAS dans un communiqué. Aussi, l'association lance-t-elle un appel pour un débat de fond sur le système de sécurité sociale en vigueur dans notre pays : « Face à cette situation préoccupante caractérisée par l'iniquité sociale et l'atteinte à la dignité humaine, il est impératif aujourd'hui d'ouvrir un débat élargi pour une réelle transparence dans la gestion de la sécurité sociale », souligne le communiqué. Un débat qui devrait réunir, selon l'ADAS, tous les acteurs concernés, à savoir « les représentants des assurés sociaux, les syndicats, les associations de malades, les prescripteurs de soins, les producteurs et distributeurs de médicaments ».En évoquant la question de la transparence dans la gestion de l'argent de la sécurité sociale, l'un des aspects qui pose problème, selon M. Aoun, c'est la représentativité des assurés sociaux qui sont les premiers pourvoyeurs de la CNAS. « La Sécurité sociale, c'est l'argent des cotisants que sont les assurés sociaux. Il se trouve que ces derniers paient pour tout le monde. Même la part patronale, ce sont eux qui la paient, en définitive, dans la mesure où elle est intégrée dans le prix de revient des biens et des services. Donc, le patron ne paie rien. Or, dans la gestion de la Sécurité sociale, on constate que les assurés ne sont pas représentés au niveau du conseil d'administration. Certes, l'UGTA siège dans le conseil d'administration, mais l'UGTA ne représente pas tous les travailleurs », dira M. Aoun, avant d'ajouter : « Même les prises en charge à l'étranger, ce sont les assurés sociaux qui les paient. Pourtant, il n'y a généralement que les hauts responsables et leurs familles qui en bénéficient. Parfois, certains pontes partent à l'étranger pour un simple bilan ou une broutille qu'ils peuvent soigner à l'hôpital de Beni Messous. Et ces nababs nous font payer même leurs extras ! » M. Aoun insiste ainsi sur la nécessité de revoir tout notre système de couverture sociale et sanitaire, d'autant plus que nous nous dirigeons, appréhende-t-il, « vers la liquidation du système de la médecine gratuite ». « On se dirige vers la contractualisation de l'acte médical. Il va falloir une prise en charge de la CNAS pour payer les soins à l'hôpital », prévient-il. M. Aoun insiste derechef sur le cas des travailleurs licenciés ou faisant l'objet de mesures disciplinaires, et qui, le temps de voir la justice statuer sur leur sort, ne jouissent d'aucune couverture sociale. « Ces travailleurs ont cotisé, il n'est pas juste de les priver de couverture sociale en cas de conflit avec leur employeur. » L'ADAS attend le moment opportun pour organiser concrètement ce débat. Une tâche d'autant plus difficile que cette association, qui a quatre ans d'existence, ne dispose ni d'un local ni de subventions.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M. B.
Source : www.elwatan.com