
Depuis au moins 2002, et l'éclatement de l'affaire Khalifa, il est établi que d'énormes forfaitures sont commises aux dépens des ressources nationales. Il est surtout établi que ces opérations de détournements massifs n'ont pu être possibles sans le concours actif de responsables administratifs et politiques de haut niveau.La pratique de l'activité de malversation qui, depuis plus d'une décennie, anime le pays a fait de l'Algérie un enjeu politico-mafieux. Cet univers de prévarication a ses affaires emblématiques : l'affaire du foncier de Blida ou affaire Bouricha, l'affaire GCA (Générale des concessions agricoles), l'affaire BRC (Brown and Root Co.), l'affaire de l'autoroute Est-Ouest, l'affaire du thon rouge, les affaires Sonatrach 1 et 2, et la liste est longue.Le destin judiciaire, si tant est qu'elles finiront un jour par en avoir un, est compromis par l'étonnante lenteur procédurale. Les dossiers patientent au niveau des juridictions dans un silence à peine perturbé par les sporadiques communications de magistrats qui, à Milan et à Montréal, traitent des dossiers Saïpem et SNC Lavallin.Plus largement, d'immenses fortunes-champignons dont le processus d'accumulation est adossé au système de déroutement privatif de la rente. Au point que l'une des factions qui se disputent l'appareil du FLN a reçu l'appellation significative de "clan des milliardaires".C'est dans ce contexte de frénétique appropriation de richesses publiques qu'une échéance électorale survient. Sans la maladie du Président, qui vient renforcer l'argumentaire des tenants du changement, la question ne se serait pas posée : tout va bien, madame la marquise et l'ordre dilapidateur continuera à régner. Mais il n'est pas possible de changer la cime de la pyramide sans prendre le risque de bouleverser l'ensemble du dispositif. Ce dispositif qui fait qu'il n'y ait pas un engagement budgétaire qui ne soit grugé par les indélicatesses de tous les niveaux. Des actes souvent restés sans suite.Instruits de "l'effet papillon" qu'ils sont, les défenseurs d'intérêts inavouables ne peuvent souffrir le moindre soupçon de changement.En attendant de pouvoir imposer un authentique représentant du clan, ils proclament qu'aucun motif politique, ni, donc, aucun motif de santé ne justifient cette volonté de perturber l'ordre établi. Il faut, à tout prix, "laisser le puits avec son couvercle", comme dit le dicton populaire.Il faut croire que la culture et la pratique de la prévarication ont été largement partagées, pour qu'un statu quo ruineux pour l'Ecole, l'économie, la justice et les libertés trouve autant de soutiens exaltés. Il faut dire aussi qu'une certaine "rente des pauvres", faite d'effacement de dettes, de réévaluations salariales "politiques", d'Ansej populiste, a fini par élargir socialement le cercle de recrutement du régime rentier.Le régime n'a pas de bilan présentable. C'est pour cela qu'il oppose la matraque et la fraude à la contestation. Par quel miracle aurait-il un programme pour le meilleur, s'il n'a pu produire que l'échec ' Il est flagrant que le pays est poussé vers le pire du fait d'intérêts claniques visiblement trop engageants pour être sacrifiés, même au nom de l'intérêt du pays. Il serait bon que tout ce monde se rappelle, demain, à l'heure de regarder derrière, vers la terre brûlée que le régime nous laissera, sa part de responsabilité dans la ruine.M. H.musthammouche@yahoo.frNomAdresse email
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mustapha Hammouche
Source : www.liberte-algerie.com