La grandeur d'une nation se mesure à l'aune de son patrimoine culturel et historique, un patrimoine qui tend à l'universalité et qui est admis comme tel du fait de sa richesse et de son témoignage incontestable et incontesté de l'évolution de l'Humanité à travers les âges.
Patrimoine de l'antique Egypte avec ses pharaons, ses hiéroglyphes, ses pyramides classées comme étant une merveille ; patrimoine de la Grèce avec son acropole d'Athènes, sa mythologie, ses grands philosophes à l'exemple de Socrate ou de Platon ou encore son
organisation sociale avec l'introduction du concept de démocratie ; patrimoine Romain dont les vestiges se dressent encore à travers le monde attestant de la puissance d'un empire d'un art et d'une culture appréciés par tous sont aujourd'hui considérés comme appartenant à l'Humanité entière.
Notre patrimoine national, longtemps négligé et délaissé, périclite et tend à disparaître si ce n'est certains hommes et femmes de culture qui se démènent pour le préserver et le protéger de toute atteinte conscients qu'ils sont de l'importance de cette mémoire de la Nation, une des premières strates qui forme et pétrit notre culture.
Ce patrimoine sans cesse malmené et abandonné, victime de comportements vandales et de vols, s'effrite s'érode et s'étiole malgré la bonne volonté de certains parce que l'on considère que ce patrimoine est «improductif».
Aussi ne lui concède-t-on que de maigres budgets.
«On nous a accordé une enveloppe de 10 millions de dinars pour restaurer un site, 10 millions de dinars c'est l'équivalent d'un petit kilomètre de route, c'est vous dire que tout ce qui a trait à la culture est assimilé à la 5e roue d'une charrette», a commenté, il y a quelques temps, un directeur de la culture. C'est dire la haute idée que nos gouvernants ont sur la culture et le patrimoine.
Les grandes nations dépensent des sommes colossales pour préserver, restaurer, réhabiliter et valoriser leurs patrimoines respectifs convaincues qu'elles sont de la valeur culturelle de leurs patrimoines et son influence sur les autres, à telle enseigne que cet investissement jugé improductif chez nous est source de richesse chez les autres. Le tourisme culturel engrange des milliards par an, des milliards qui sont encore reversés dans la promotion culturelle et sous forme d'aide aux artistes.
Le musée du Louvre, la Grande Muraille de Chine ou encore Persépolis en Iran, pour ne citer que ces exemples, font le plein de touristes chaque année, des touristes influencés par les médias qui en font la promotion et qui présentent ce qu'ils recèlent comme étant patrimoine de l'Humanité.
L'influence de ces patrimoines va jusque dans le référent culturel, puisque dans le langage courant on retrouve des mots empruntés à ces cultures, «démocratie», «platonien» «nez de Cléopâtre», «franchir le Rubicon», «épicurien» etc.
Saint Augustin, l'Université de Madaure, Maxime le grammairien, Jugurtha, Massinissa, L'Emir Abdelkader, Bouamama et bien d'autres évoqués parfois, une fois l'an, attendent toujours qu'on veuille bien «les réveiller».
M. R.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Rahmani
Source : www.latribune-online.com