Mila - A la une

On nous en dira tant



On nous en dira tant
L'Assemblée populaire nationale attendue du scrutin de mai prochain sera renforcée par 73 sièges, en a ainsi décidé mardi le Conseil des ministres. Entre-temps, revenons à l'exercice de la législature sortante qui aura été, selon M.Ziari, président de l'APN, une réussite sur tous les plans. Bon! Que le président de l'Assemblée nationale défende cette institution, c'est son rôle et c'est de bonne guerre. On comprend fort bien qu'il ne partage point les critiques dont l'APN a été l'objet. Toutefois, il faut bien admettre et relever que celle-ci, mal élue en 2007 - avec 35% des suffrages, rappelle-t-on - n'a pas saisi l'opportunité qui s'offrait à elle de faire oublier cet handicap, à tout le moins pénalisant, et démentir - par l'assiduité de ses députés, par leurs propositions de lois, en faisant leurs les préoccupations des citoyens, touchés de plein fouet par des crises sociales récurrentes, en prenant des initiatives afin de combattre la corruption, en ouvrant des enquêtes sur les scandales qui ont éclaboussé nombre de sociétés nationales lors de cette législature - et montrer que, tout compte fait, cette APN cuvée 2007, n'a pas été aussi nulle que l'on voulait bien le laisser croire. Nous sommes au regret de constater que rien de tel n'a été le fait de cette Assemblée tout au long de son exercice législatif. Or, outre de n'avoir pas participé à l'élaboration des lois, comme l'y incite la Constitution, ni ouvert d'enquête sur les scandales et corruptions ayant marqué son mandat, l'APN trouva en revanche le moyen d'imposer l'importation de friperie au détriment de la production nationale, refusa l'augmentation du Snmg (Salaire national minimum garanti), sous le prétexte que l'Etat n'avait pas les moyens de faire cet effort, comme ses députés ont repoussé la revalorisation des maigres retraites des travailleurs, dont des dizaines de milliers touchent moins de dix mille dinars par mois. Comment une famille peut-elle vivre avec dix mille dinars en Algérie' On serait heureux que les «représentants» du peuple nous expliquent ce fait quand leurs propres émoluments se passent de commentaires. Ont-ils seulement essayé de justifier ce salaire' De fait, souvent le Parlement a été assimilé à une chambre d'enregistrement. Aussi, cette peu charitable appréciation est-elle due à l'immobilisme patent, caractéristique première des élus algériens, plus proches de leurs intérêts que de leurs électeurs, comme de la société. De fait, nos députés ne se sont pas signalés, ces dernières années, par leur dynamisme ou par la défense de principes qui font la grandeur et la réputation d'un Parlement. Or, une fois élu, le député algérien disparaît dans la nature et son activité parlementaire, marquée par des absences injustifiées, se réduit à un acte de présence, restant en deçà de ce qui est attendu de l'élu du peuple. En fait, c'est en tant que défenseurs de l'intérêt général que ces parlementaires ont péché. L'essentiel, pour nos députés, étant semble-t-il de ne pas faire de vagues, alors que leur mission est de veiller au respect des règles et lois édictées par l'Etat, comme d'interpeller l'Exécutif en temps et lieu. Relever ces manques qui, à juste titre, nuisent au renom d'une telle institution, reste un devoir citoyen qui doit inciter les mandants, un tant soit peu, à se corriger, rectifier leurs erreurs. Il ne faut pas non plus faire d'amalgame, critiquer l'absentéisme des députés n'est certes pas discréditer l'Assemblée nationale en tant qu'institution ou chercher à l'offenser. Le fait est qu'au moment où M. Ziari faisait son discours de clôture de la session d'automne, les travées de l'Assemblée étaient quasiment vides. Les images de l'Entv, jeudi dernier, font foi. Dans ce contexte, un rectificatif du règlement intérieur de l'APN serait en cours de finalisation pour mettre un terme à cette carence. C'est dire! Et l'APN n'a rien à voir avec les caprices de ses membres. Aussi, mal élue, cette législature n'a pas eu le sursaut qui aurait pu faire dire que, l'un dans l'autre, elle n'aura pas été inutile, en contribuant à rétablir la confiance en nos institutions. C'est loin d'être le cas.
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