Mila - A la une

Obama II effacera-t-il Obama I ' L'Amérique et le monde



Obama II effacera-t-il Obama I '                                    L'Amérique et le monde
Le président Barack Obama a été finalement réélu. Une surprise ' Oui et non. Oui, parce que presque tous les chefs d'Etat occidentaux ont été balayés par la crise économique mondiale. Du Britannique Gordon Brown au Français Nicolas Sarkozy en passant par l'Italien Silvio Berlusconi, l'Espagnol José Luis Zapatero, le Portugais José Socrates et le Japonais Yukio Yatohama. La bourrasque a emporté tout le monde sur son passage. Sauf Obama. Une fois de plus, les Etats-Unis ont étalé au monde leur exception.
Les Etats-Unis sont pourtant les plus durement touchés par le «virus» des subprimes qu'ils ont aussitôt répandu aux quatre coins de la planète.
Le président Obama, qui incarnait le rêve américain, venait alors de se réveiller en sursaut pour constater le cauchemar auquel il devait faire face. Pas facile de remonter la pente pour un jeune à la tête de la première puissance mondiale. La mort dans l'âme, Obama va remiser au tiroir des actes manqués, son désir de «changement». Solder ses comptes au lobby de Wall Street, fermer Guantanamo, imposer la solution des deux Etats en Palestine, ce serait pour une autre fois'
Bien que l'affaire était très mal engagée, il va tout de même réussir à limiter les dégâts immensurables d'un dérèglement économique similaire à celui de la crise de 1929. Dans un scénario catastrophe, il a pu secourir l'industrie automobile d'un effondrement annoncé et a pu sauver de nombreux postes d'emploi.
Mais au plan interne, rarement un président des Etats-Unis n'a hérité d'une crise aussi terrifiante. Signe de l'inquiétude des Américains, le parti d'Obama a laissé des plumes lors des élections de mi-mandat quand les républicains prirent le contrôle de la Chambre des représentants. Obama a alors jeté toutes ses forces dans la réforme du système de santé, qui était une promesse emblématique de sa conquête de la Maison-Blanche. Malgré les coups tordus des républicains, il réussira à faire adopter une partie du projet qui garantit des soins à 30 millions d'Américains. C'est quasiment le seul acquis dont pouvait s'enorgueillir le président Barack Obama. Mais cela ne lui suffisait pas pour regagner les c'urs meurtris par la crise de ses compatriotes.
Il lui fallait un coup du sort. Et c'est l'ennemi public «number one» des Etats-Unis qui lui tend la planche de salut' Oussama Ben Laden. Le chef d'Al Qaîda, pour lequel Bush a ratissé toutes les montagnes de Tora Bora, a été pris comme un rat par une force spéciale envoyée par «the commandent in chief», Barack Obama.
Le coup s'est avéré être un succès spectaculaire. Pour fêter la douleur du dixième anniversaire du 11 septembre, le président Obama a annoncé aux Américains et au monde entier qu'il a tué Ben Laden. Un beau trophée de guerre pour la (re)conquête de la Maison-Blanche ! Mine de rien, le désespéré Obama a pu sortir la tête du désastre de la crise économique. Grâce à Ben Laden, le monde s'est tenu en garde-à-vous devant Obama. Ce fut le tournant pour cet homme qui a résolument mis le cap sur le deuxième mandat.
«Forward» (en avant !) proclame Obama, même si tout n'est pas rose dans son bilan à l'international. Ses promesses d'un monde meilleur ne se vérifient pas forcément quatre ans plus tard. Son discours historique du Caire a certes touché les c'urs des Arabes et des musulmans. Mais à l'arrivée, ils ne retiennent que les belles paroles, les formules magiques d'un homme qui sait parler, qui sait respecter.
Les Palestiniens, à qui il a promis de vivre dans leur Etat indépendant, constatent aujourd'hui le gap qui sépare le discours de la réalité. Bien qu'il ne soit pas le meilleur ami de Netanyahu, Obama n'a tout même rien pu faire pour freiner la machine de guerre israélienne qui s'est acharnée sur Ghaza en 2009. Il n'a pas non plus arrêté la course effrénée à la construction de colonies sauvages sur les terres des Palestiniens. Sur un autre plan, tout anobli par l'académie Nobel, Obama ne s'est pas empêché de guerroyer encore en Irak et en Afghanistan. Des guerres utiles, dit-il. Tout de même'
Wait and see
Passons sur le fait que le sinistre Guantanamo n'est pas encore fermé et qu'un monde dénucléarisé comme il l'avait promis n'est pas pour demain. Mais en y regardant de près, on ne peut s'empêcher de penser que Barack Obama ne pouvait peut-être pas faire plus dans le contexte qui était le sien. Le fait est que, aujourd'hui même, des millions de ses compatriotes doutent de ses origines américaines et même de sa religion. Pas facile en effet de partir avec de tels handicaps dans un pays gouverné et miné par la puissance des lobbys. Mais le fait qu'il soit réélu est certainement une très bonne nouvelle pour tout le monde. On sait désormais que le nombre de racistes aux Etats-Unis est nettement inférieur à ce qu'on croyait. Que les Américains partagent majoritairement sa volonté de changer les choses et de rendre son pays plus «humain». Ils sont aussi conscients qu'il est l'homme qu'il faut pour se départir de cette image détestable de gendarme du monde, qui plus est injuste.
Après avoir convaincu ses compatriotes d'être leur président pour les quatre prochaines années, il reste au président Obama de convaincre le monde, mais surtout les Arabes et les musulmans, qu'ils ne sont pas son passe-temps préféré.
Il est déjà rentré dans l'histoire avec Bill Clinton pour être les seuls démocrates à avoir fait deux mandats successifs depuis Roosevelt. Barack Obama dispose désormais d'une belle occasion d'entrer dans l'histoire de l'humanité comme le plus puissant pacifique homme au monde. Wait and see.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)