Mila - A la une

Novembre



Novembre
L'Algérie célèbre aujourd'hui le jour du déclenchement de la Révolution. Du 1er novembre 1954 au 1er novembre 2012, cela donne une commémoration d'un événement âgé de plus de 50 ans. Il y a ainsi plus d'un demi-siècle que des Algériens sont partis à la conquête de l'indépendance du pays d'un ordre colonial des plus hideux. L'objectif a été atteint sept ans et demi plus tard. Cinquante ans après l'indépendance, il est encore vrai de constater qu'une partie des objectifs assignés à la Révolution n'est pas encore réalisée. Annoncée dans la déclaration du 1er Novembre 54, la construction d'un Etat démocratique et social demeure toujours un projet.
Un demi-siècle est pourtant une période suffisamment longue pour faire le bilan de ce qui a été fait et de ce qui a été raté. Force est de constater, aujourd'hui, que rien sinon peu a été fait dans la continuité de l'esprit et de l'idéal de Novembre.
Aujourd'hui, l'Algérie se cherche encore des institutions viables en mesure de garantir le fonctionnement d'un l'Etat de droit avec l'exercice séparé des pouvoirs. Ceux qui ont pris le destin en main pour arracher l'indépendance du pays n'ont jamais imaginé qu'en pleine souveraineté, des milliers d'Algériens -des jeunes dans la majorité- vont «déchirer» la mer pour aller ailleurs. Cela traduit l'échec des dirigeants qui ont pris les destinées du pays au lendemain de l'indépendance. Et, à ce propos, il faut s'interroger pourquoi des pays ont accédé au développement après une période similaire, au moment où l'Algérie peine à se construire une voie. La question deviendra dès lors plus troublante quand on intègre le postulat selon lequel notre pays possède les richesses naturelles et autres qui n'existent pas dans ces pays que l'Algérie devrait devancer à tous points de vue. Hélas ! la réalité nous renvoie aujourd'hui de tristes chiffres. Dans le secteur de l'économie, l'Algérie dépend encore des hydrocarbures. Les secteurs qui étaient productifs au lendemain de l'indépendance ne sont plus dans cette posture. Le pays recourt davantage à l'importation, y compris pour certains produits de première nécessité. L'université algérienne n'est plus ce qu'elle était, elle assiste, impuissante, au départ massif de l'intelligence qu'elle a formée pendant plusieurs décennies.
Dans le domaine de l'audiovisuel, les Algériens consomment fortement ce qui leur vient de l'étranger, tant le verrouillage cathodique est toujours de mise.
En définitive, les déficits et les ratages sont multiples. En cet instant de mémoire, de communion autour d'un événement de la grandeur du 1er novembre, rien n'autorise l'occultation de la déception. Car, autant l''uvre de l'indépendance est grandiose, autant la déception de ce qui a été accompli depuis est énorme.
A. Y.
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