«La cité Diar El Kef, comme nombre de cité similaires, a été érigée en 1957 en même temps que la cité Pérez ou encore la cité des 200 Colonnes de Climat de France. La cité Diar El Kef était un centre de recasement destiné principalement à loger les travailleurs de la Carrière Jaubert.» Et de s'étaler sur l'opération de requalification du quartier : «Cette opération, dont la première phase a démarré en septembre 2001, revêtait à la fois une dimension sociale et historique en faisant le choix de sauver un patrimoine au lieu de le démolir. Cette intervention a commencé avec le bâtiment A et a touché quelques 137 familles qui ont été relogées à Tixeraïne et à Draria et a permis la rénovation de 74 logements. Cette première phase a été confiée à un bureau d'études algérien, le cabinet FAUR. C'était une première en Algérie. Cela a permis ainsi d'obtenir des appartements plus spacieux, des F2, des F3 et des F4, à partir du jumelage des anciens F1.»
La deuxième phase de l'opération de requalification, poursuit notre interlocuteur, a concerné le bâtiment B. Celle-ci a été entamée en 2004 et a permis de reloger sur place une partie des familles évacuées. La troisième phase s'est attelée à refaire les appartements du bâtiment B et à vider le bâtiment C, toujours selon le même principe : une partie des locataires sont déplacés vers les appartements réhabilités, le reste sont affectés vers de nouveaux logements sociaux. Farid Oumahamed reconnaît toutefois que ces transferts de population ne se sont pas toujours passés sans heurts. «Des émeutes ont éclaté à la suite de ces opérations puisque beaucoup voulaient rester sur place avec l'espoir d'avoir un appartement plus spacieux dans la même cité. Mais quand ils ont vu que les nouveaux F3 et F4 étaient en vérité des appartements étriqués n'excédant pas les 60 mètres carrés, ils ont consenti à changer d'air en bénéficiant de logements plus confortables.»Â
Aujourd'hui, la situation est en stand-by au détriment des locataires des blocs D et E qui s'estiment les plus lésés, d'autant plus lésés qu'ils se disent les plus anciens. Concernant les lenteurs accusées par l'opération de requalification dans son ultime phase, sachant que les choses n'ont pas bougé depuis près d'une année, Farid Oumahamed dira : «Un avis d'appel d'offre devrait àªtre lancé. Nous avons été accaparés par l'éradication des habitations précaires, qui est un vrai casse-tête. Nous avons recensé plus de 1000 baraques dans la seule commune de Oued Koriche et la gestion de ces bidonvilles est fastidieuse. Elle se fait malheureusement au détriment des habitants des cités. Donc, si nos concitoyens veulent que les choses s'accélèrent pour eux, ils devraient coopérer et ne plus laisser de baraques pousser aux abords de leur cité.»Â Et de conclure : «Nous attendons la finalisation des études portant sur la réhabilitation des bâtiments évacués. Vous savez, ce ne sont pas des interventions simples. On ne peut pas casser des murs sans courir le risque de faire des dégâts.»Â                    Â
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Mustapha Benfodil
Source : www.elwatan.com