Mimoun Meriem Djamila est née à Alger. Issue d'une famille d'entrepreneurs, elle a obtenu son Bac en 1988. Après une formation universitaire à l'Ecole nationale vétérinaire ENV, d'El Harrach, avec au bout un diplôme de docteur vétérinaire, elle s'est vite inscrite dans la vie active.
Durant la tragédie nationale, il lui était impossible de travailler sur la banlieue d'Alger et ses alentours. Elle s'installe alors à Béjaïa, en 1995. Déléguée régionale de l'association Seve (Association de femmes chefs d'entreprise) depuis 2001, elle s'est attelée à défendre les droits des femmes entrepreneurs, à aider les porteuses de projets et à ceréer des fondations nationales et internationales dans le domaine de la création et de la gestion. Diplômée comme formatrice dans la gestion et la création de la micro-entreprise et PME/PMI, obtenu en Italie en 2001 avec le concours de Seve et du Pnud, elle crée son entreprise bureautique en 2001.
«Ayant vécu toute ma vie dans un milieu commercial grâce à mes parents, j'ai toujours eu cette envie de faire aussi mon expérience dans ce domaine», nous dit-elle. D'où la création de la Sarl Cogeb entreprise bureautique à Béjaïa. A la question de savoir quelles sont les difficultés rencontrées, elle répond: «Il a fallu du temps pour me faire accepter par mes concurrents en tant que femme chef d'entreprise dans un domaine dominé par la gent masculine.Le manque de confiance de la part des banques a fait qu'elles ont mis des années à me prendre au sérieux pour des lignes de crédit». «Le favoritisme, la discrimination, la concurrence déloyale, la corruption, les propositions indécentes de la part de certains responsables pour l'acquisition de marchés publics, résument toute la bataille quotidienne et continuelle que je mène pour avoir ma place sur le marché», ajoute-t-elle. Le manque de confiance de la part de responsables est un facteur déterminant pour l'évolution de son entreprise: «Il faut constamment se justifier et parfois taper sur la table pour se faire entendre», souligne-t-elle. «Gérer une entreprise, être une maman et s'occuper du foyer n'est pas chose facile, mais une bonne organisation et un soutien familial permettent de dépasser la situation. Rien que pour cela, la femme mérite une médaille», assène-t-elle. Quant à l'avenir, elle pense que le parcours de la femme entrepreneur est encore long et semé d'embuches. Ce n'est pas encore demain la veille que les choses évolueront.
Le combat est encore long pour la femme. «Elle devra constamment faire face à de faux problèmes qui pourront freiner son activité», juge-t-elle.
Plus précise, elle ajoute: «La femme devra innover, imposer sa place, être constamment sur ces gardes, montrer ce qu'elle vaut.
Il faut s'armer de patience et ne pas avoir peur de dire les choses.» Le 8 mars est pour elle insuffisant, c'est tous les jours de l'année que les femmes sont appelées à se faire entendre.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Arezki SLIMANI
Source : www.lexpressiondz.com