
8h précises à l'école primaire Bainem-Forêt, Mme Bachir Bey, le chef de centre, supervise les sept bureaux de vote de l'établissement dont elle est aussi la directrice. Dehors, les forces de sécurité et des éléments de la Protection civile sont là. Les premiers votants sont des hommes dont la plupart habitent les environs immédiats. Les femmes, quant à elles, ont préféré, comme d'habitude, venir après 10h. L'ambiance dans les bureaux de vote est très détendue. Mohamed, père de famille, se dit « non convaincu par cette présidentielle, mais (je) vote quand même, juste pour que ma voix ne soit pas détournée ». D'autres personnes nous confient avoir voté pour la première fois « pour espérer voir leur choix se concrétiser ». A l'école primaire El Manar, à la sortie de la commune de Hammamet, le chef de centre est au four et au moulin. Il est plutôt frileux avec la presse. Il a fallu user de plusieurs stratagèmes pour lui soutirer quelques informations sur le déroulement du vote. Pour lui, il fallait à tout prix présenter un ordre de mission délivré par la wilaya. Notre badge ne l'a pas convaincu. Bendridi Abdelhak du CEM Ibn Badis de Aïn Benian, s'est montré par contre très coopératif. « Chez nous, c'est la transparence », n'a-t-il cessé de marteler. « Entrez là où vous voulez, pas de censure, on n'a rien à cacher, prenez les photos que vous voulez. » En voyant une personne âgée peinant à marcher, il s'est dirigé vers elle pour l'aider. « Cela fait partie de ma mission », précise-t-il. Il s'agit de Ramdane Sahnoun, 84 ans, lequel n'a raté aucun rendez-vous électoral. « C'est un devoir pour prouver ma citoyenneté », dira-t-il après avoir mis son enveloppe dans l'urne et apposé sa signature et son empreinte avec son index trempé dans l'encre bleue. Sofiane, 23 ans, au contraire, n'est pas au bout de ses peines. Il est en colère du fait qu'il n'a pas trouvé son nom sur aucune liste. « Pour le service national, on a su retrouver ma trace, mais pour voter... c'est une autre paire de manches. » Sofiane fait remarquer qu'il est né, a grandi et étudié à Aïn Benian. Quant à sa famille, elle habite ces lieux depuis plusieurs générations. Pour une fois qu'il veut voter et choisir son candidat, il se retrouve frustré à cause d'un oubli de l'administration. Il fulminait et bouillonnait dans la cour. A l'école primaire El Djamila, à la sortie ouest de Aïn Benian, c'est une ambiance bon enfant qui y règne. L'affluence est faible. A Staoueli, à l'école des frères Damardji, le chef de centre affirme qu'il n'y a « ni rush ni indifférence ». C'est le calme plat dans tous les bureaux de vote et les pompiers disent n'avoir rien à signaler. A Chéraga, à l'école Mohamed-Khemisti, Fatma-Zohra Ikour, avec 44 ans au service de l'éducation nationale, reçoit avec le sourire les citoyens. « Ce n'est pas un vote, c'est une grande fête », dira-t-elle en entendant des youyous fuser du deuxième étage. C'est Yamina Akour, une vénérable octogénaire connue pour son patriotisme, qui exprime ainsi sa joie. « Sa famille a payé un lourd tribut durant la Révolution », nous dit-elle. Elle est reçue avec les égards dus à son âge avancé. « C'est elle qui met de l'ambiance en venant accomplir son devoir à chaque rendez-vous électoral », nous dira une surveillante.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rabéa F
Source : www.horizons-dz.com