Mila - Revue de Presse

Mise à niveau des PME



S?adapter à l?ouverture sous peine de disparaître Qu?elle soit publique ou privée, la PME algérienne se caractérise également par un manque flagrant d?encadrement, que ce soit dans la gestion des ressources humaines, le management ou le marketing. Le tissu industriel algérien est en proie, depuis bientôt un quart de siècle, à des bouleversements endogènes et exogènes qui ne cessent de la maintenir dans la sphère de l?incohérence. D?où une fragilité et une vulnérabilité qui ont fini par enfoncer vers la faillite un grand nombre d?entreprises, des plus petites aux plus grandes. Qu?elle soit publique ou privée, la PME algérienne se caractérise également par un manque flagrant d?encadrement, que ce soit dans la gestion des ressources humaines, le management ou le marketing. Si bien que les entreprises qui parviennent à émerger du lot ne le sont que grâce à une dépendance marquée vis-à-vis des marchés extérieurs qui les approvisionnent en matières premières ou en intrants. Rares sont les PME qui parviennent à survivre uniquement en autarcie. Dans ce cas, il s?agit dans la plupart des cas de très petites entités qui confinent parfois à l?artisanat. Cette survivance de la PME devenant de plus en plus aléatoire, les pouvoirs publics ont été contraints de poser un diagnostic. Une fois le constat de l?échec affirmé avec force, il fallait au législateur penser à une parade afin de mettre un terme à la dérive qui pointait à l?horizon. Un premier programme de mise à niveau à destination des entreprises moribondes du secteur public sera engagé grâce au soutien multiforme de l?ONUDI, dès 1997. Malgré l?injection d?argent frais dans les circuits d?entreprises obsolètes, les résultats n?auront jamais atteint les espérances de départ. La décadence du secteur industriel national public et privé continuait inexorablement sa chute libre. Ce n?est qu?au début des années 80 qu?un programme similaire sera ébauché à destination du secteur privé. Ce programme initié dans le cadre du MEDA ne concernera que quelque 400 entreprises. Après une phase d?élaboration et de conception qui durera 3 ans, c?est en 2003 que ce programme entrera effectivement en application. Confiée à une équipe d?experts nationaux et européens, ce programme aura surtout permis de faire un diagnostic sur l?état de la gestion des PME privées et sur l?élaboration d?un manuel méthodologique de fonctionnement. Aujourd?hui, ce programme tire à sa fin et c?est Michelle Jeannenot, experte auprès de la commission européenne qui est venue en faire le bilan avec les partenaires de la CC Dahra et les opérateurs privés de toute la région qui ont été concernés par l?application de ce programme dont l?intitulé générique est « EDPme ». C?est donc jeudi 26 septembre qu?un groupe de managers privés s?est retrouvé au siège de la CCI-Dahra pour faire le bilan de cette opération d?envergure. Pour Michelle Jeannenot, l?opération qui s?achève aura été un succès en ce sens qu?au niveau des opérateurs algériens, il semble bien qu?un déclic soit intervenu durant ces 5 années d?un travail harassant. Les contraintes du week-end En effet, le projet qui avait pour ambition d?introduire de la rationalité et de l?efficacité dans les rouages des entreprises privées, aura à certains égards abouti. Pour l?experte européenne, au départ, le challenge était gigantesque en raison de la structure exclusivement familiale de la PME privée. Elle en veut pour preuve l?entêtement des patrons à confier les principaux postes d?encadrement à des membres de leur famille directe. Cette façon de faire empêche l?entreprise de recourir à des recrutements de personnels qui sont essentiels. Cette pratique insiste-elle est la principale faille des PME qui de ce fait se détourne de recruter à des postes aussi sensible que le management, les ressources humaines, le marketing, la communication et le technique. Ajoutant qu?en puisant exclusivement dans l?entourage familial pour pourvoir à des postes aussi stratégiques, la PME se soustrait aux règles en vigueur dans les autres pays et perd ainsi de sa compétitivité. Avec l?entrée en vigueur depuis le 1er septembre dernier, de l?accord d?association avec l?UE dans son volet relatif aux produits industriels, certains patrons algériens n?auront pas manqué de poser réellement la question de la compétitivité de leurs produits vis-à-vis de ceux de l?Europe. Face à cette inquiétude, Michelle Jeannenot, sans nier les écarts qui risquent encore de s?accentuer à l?avenir, préfère mettre le doigt sur l?organisation du travail. Pour elle, les principales contraintes de la PME algérienne sont inhérentes au week-end en vigueur en Algérie qui prive réellement nos entreprises de pas moins de quatre jours de travail effectifs. Par ailleurs, le programme de mise à niveau EDPme aura également permis de faire un état des lieux à l?intérieur de 28 CCI que compte le pays. D?ailleurs c?est en partie garce à cette opération d?envergure que le nombre de CCI vient d?etre élargi aux 48 wilaya. A l?instar de ce qui a été fait au niveau de la PME, ce projet aura permis de sérier les contraintes qui bloquaient le bon fonctionnement des CCI et qui bridait la fluidité des relations entre ces structures publiques et les PME. Force est de reconnaître que le diagnostic a été à la hauteur des ambitions de départ. A l?arrivée, tous les partenaires s?accordent sur le fait que les 5 dernières années auront permis aux CCI de s?ouvrir sur les PME et d?initier de nombreuses actions dans l?intérêt de tous les partenaires. Pour Michelle Jeannenot, cette nouvelle dynamique devrait décrisper la relation et ouvrir des perspectives pour le partenariat avec en ligne de mire un fonctionnement harmonieux et complémentaire entre les CCI et les PME. Abordant l?après EDPme et les risques de retour à des pratiques anciennes une fois retiré l?appui de l?UE, notre interlocutrice ne niera pas les risques de retour aux anciennes pratiques faites de méfiances et parfois de défiances. Pour elle, le manuel mis à la disposition des CCI constitue un excellent outil de pilotage, ce qui lui permet de conclure que l?expérience aura été largement probante. Elle ajoutera toutefois que dès octobre 2008, sera lancé un EDPme bis qui prendra le relais et qui devrait s?appuyer sur les experts algériens formés dans le cadre du premier programme et sur la nouvelle approche qui semble prendre forme au niveau de la majorité des 400 PME impliquées jusque-là.
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