Mila - ARTISANAT ET METIERS

Mila - Un demi-siècle passé à distiller l’eau de rose: Portrait de Benchoulak Khadidja… La femme à l’alambic

Mila - Un demi-siècle passé à distiller l’eau de rose: Portrait de Benchoulak Khadidja… La femme à l’alambic




Agée aujourd’hui de 74 ans, Mme Benchoulak Khadidja a passé plus d’un demi-siècle à distiller l’eau de rose et de plantes aromatiques ou médicinales. Née le 16 septembre 1940 à Mila Lakdima, elle a hérité le métier de sa mère, décédée en 1960.

C’est donc à l’âge de 20 ans, soit en 1960, que Khadidja Benchoulak, alors jeune fille, relaya sa génitrice sur l’alambic familial, un appareil qu’elle utilise encore aujourd’hui.

Cinquante-quatre ans d’activité artisanale qui ont fait de cette bonne dame une vraie spécialiste de l’art de la distillation de l’eau de rose, des plantes médicinales et de fleurs d’oranger amer et lui ont valu sa renommée actuelle dans tout Mila.

«Suivant l’essence recherchée, les fleurs sont distillées fraîches ou séchées à l’ombre.

Et dans l’un comme dans l’autre cas, elles sont immergées dans un bain d’eau, au fond de la chaudière de l’alambic; puis l’appareil est placé sur le feu pendant des heures. Quand la vapeur d’eau parfumée qui monte dans le corps cylindrique de l’alambic commence à se condenser sur la face intérieure du couvercle, je place un récipient sous le long bec de l’essencier pour recueillir l’eau distillée qui tombe patiemment par perles.

Une fois recueillie, cette eau est conservée dans des flacons en verre qu’on veille de bien fermer», explique-t-elle.

A l’âge de 74 ans aujourd’hui, la vieille Khadidja est l’unique personne dans toute la région à pratiquer ce métier.

Une activité devenue passion au fil des ans

Aussi elle vaque personnellement à la cueillette des fleurs dans la petite plantation d’orangers amers, de rosiers et de pélargonium (âtarcha) qu’elle cultive au Vieux Milev.

«Suivant les plantes, on commence la cueillette des fleurs à la mi-avril jusqu’au mois de juin de chaque année. On les traite tout de suite à l’alambic si l’on souhaite obtenir des arômes légers pour les produits de confiserie. Pour l’obtention d’essences plus compactes à usage médicinal, on laisse les fleurs à sécher à l’ombre pour un certain temps».

Pratiquant son métier avec amour et passion, elle a fini par découvrir pratiquement tous les usages, tant culinaires que médicinaux, de ces essences.

«L’eau de fleur d’oranger est surtout conseillée pour les diabétiques, celle extraite des roses est utilisée comme lotion ophtalmique et elle entre dans l’aromatisation de certains produits de confiserie. Quant à l’eau de pélargonium, elle est employée dans les soins des cheveux et du cuire chevelu et comme lotion capillaire», explique-t-elle.

L’artisane, qui craint pour de bon d’ailleurs que le métier qu’elle a toujours aimé disparaisse après sa mort, n’a plus qu’un seul et unique souhait: «voir cette activité enseignée à la jeune génération, dans les CFPA, au même titre que tous les autres métiers artisanaux».

Kamel Beniaiche



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