A l'ère où les pouvoirs publics se gargarisent de bilans clinquants sur les réalisations phénoménales (Indjazat Ïmlaka) de logements, il est des familles qui végètent dans des taudis rappelant un autre âge.
Le cas de Noureddine Mordjane, ce chef de famille ébranlé par la maladie et consumé par le désespoir, de son épouse et leurs deux fillettes à la mine débonnaire, frise la tragédie humaine. Les deux filles, Rayan et Sirine, 10 et 12 ans, scolarisées respectivement en 5e année primaire et en 8e, font leurs exercices à même le sol et se contentent d'un petit poste téléviseur placé sur une table basse (meïda) comme moyen de distraction. Elles souffrent aussi d'anémie et d'allergie. La révélation innocente faite récemment par la petite Rayan à sa mère a de quoi déchirer les c'urs les plus durs: «Maman, si je décroche la 6e ne le dis surtout pas à mes camarades, car je n'ai pas une chambre convenable pour les recevoir», lui a-t-elle confié.
A la cité Abane Ramdane où ils crèchent, depuis 12 années, dans une maison traditionnelle délabrée et au toit effondré sous l'effet des intempéries, les Mordjane mènent une existence recluse et quasi primitive dans une pièce d'une quinzaine de mètres carrés et une cour (houch) minuscule. Cour au milieu de laquelle a été aménagée une petite fosse servant à l'évacuation des eaux usées. «Le propriétaire a bouché la cuvelle du WC avec du ciment pour m'obliger à partir. Je ne sais où aller, et puis, je n'ai pas les moyens de prendre en location un appartement à raison de 7000 à 8000 DA». Noureddine travaille comme gardien à l'auberge de jeunes de Chelghoum Laïd pour un salaire dérisoire de 15 000 DA, dont le tiers est versé mensuellement au propriétaire en guise de location.
Des gens du voisinage immédiat nous affirment que cette famille ne survit que par la grâce des âmes charitables qui font des collectes pour compenser les frais de location. «Depuis 1994, je n'ai pas manqué une seule occasion de renouveler mon dossier de logement. Les commissions passent et repassent, mais mon nom n'a jamais figuré sur les listes des bénéficiaires», raconte Noureddine. Sa belle-mère, une septuagénaire, nous avoue entre deux sanglots, avoir incité sa fille à «s'immoler pour mettre fin à sa souffrance et celle de ses enfants». A quand la fin de la galère de cette pauvre famille livrée à la consomption'
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mahmoud Boumelih
Source : www.elwatan.com