Le 22 décembre, la HNEC annonce le report de l'élection présidentielle et propose la date du 24 janvier. Tout le monde avait cru en une incapacité à organiser le scrutin, selon les normes. Le briefing, hier, du président de la commission électorale a dévoilé des coulisses "minées" bien avant le 24 décembre.La situation était plus compliquée qu'elle ne paraissait, rendant sur le coup responsable de l'échec de l'organisation du premier scrutin présidentiel dans le pays la Haute Commission nationale des élections accusée finalement à tort, selon son président, Imad Essayah, qui a fait des révélations fracassantes sur ce qu'avait subi son instance comme pressions de l'extérieur sans bénéficier d'un soutien des autorités, de la Chambre des représentants, du gouvernement d'union nationale et du Conseil présidentiel.
Lors d'un briefing hier devant les parlementaires de Tobrouk, le président de la Haute Commission électorale nationale (HCEN) a évoqué trois principales raisons ayant motivé la décision de son instance de reporter les élections, le scrutin présidentiel particulièrement.
Menaces, fraude et man?uvres, a-t-il résumé avant d'aller dans plus de détails dans ces motifs. Il accuse les parlementaires d'avoir introduit a posteriori des amendements dans la loi électorale sans consulter la HCEN qui a signé le code définitif à Rome, alors que sa demande d'introduire des dispositions, pour faciliter l'opération électorale, n'a jamais eu d'écho.
Cette entorse est de loin la moins grave parmi les trois reproches qui en ont été faits. Le chef de la Haute Commission électorale a révélé que des candidats ont triché. Ainsi, ses éléments ont découvert dans des dossiers de candidatures des formulaires de parrainage... falsifiés.
Ce sont ainsi 12 dossiers truffés de ces faux formulaires de parrainage (fausses signatures, faux noms...) qui ont été rejetés. Il a, par ailleurs, regretté qu'un candidat dont le dossier a été rejeté pour des raisons similaires se soit évertué à "dénoncer" l'échec de la HCEN sur un média étranger.
Il a falsifié les documents de "signatures" et se permet de critiquer sur une chaîne de télévision étrangère la Haute Commission, a-t-il regretté.
Il a enfin évoqué ces jugements contradictoires rendus dans le cadre des recours contre certaines candidatures. Certaines décisions ont été rendues, selon lui, au-delà du délai légal.
À partir de ces jugements, ont été créés des centres "légaux" avec lesquels la Haute Commission était contrainte de travailler. Il a également parlé de situations aussi cocasses qu'incompréhensibles : en deux semaines, la commission a reçu et étudié 40 dossiers de candidature à la présidentielle ; à 48 heures de la clôture de cette opération, la commission reçoit 60 dossiers !
Il a dénoncé et regretté que son instance ait été isolée et "abandonnée" lorsqu'elle faisait face à de "véritables" menaces, notamment pour ne pas rendre publique la liste définitive des candidats à la présidentielle du 24 décembre, reportée.
"Nous n'avons reçu aucun soutien, ni du Parlement, ni du gouvernement d'union nationale, ni du Conseil présidentiel", a-t-il dit selon les médias locaux. Il insistera, toutefois, sur le fait que la HCEN était "techniquement" capable d'organiser l'élection.
Djilali B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djilali BENYOUB
Source : www.liberte-algerie.com