
Monseigneur Teissier a animé samedi dernier une conférence-débat au cercle El-Amel de Mascara. Le débat fut riche et l'intérêt manifesté par les intervenants à la personnalité de saint Augustin surprendra quelque peu l'orateur.'son intervention à travers laquelle il «développera les différents aspects de la vie et son œuvre, mettra en exergue l'attachement du natif de Thagaste aujourd'hui Souk-Ahras a son idendité» serait plus simple, dira-t-il, de le considérer comme un habitant de la Numidie, celle de Thagaste puis celle d'Hippone, il se dit lui-même à la fois «Numide et gétule». Son nom à résonance latine a souvent prêté à équivoque. A son époque, les villes de l'Afrique romaine ont été largement latinisées.'la plupart des habitants dont les noms sur leurs pierres tombales portent aussi des noms latins.'ils n'en sont pas moins pour autant «Africains» «ou Numides» ou «Lybiques» et pour certains même «gétules».'un contemporain d'Augustin portait aussi un nom latin.'il s'agit de Firmus qui l'année 373, quand Augustin est ordonné prêtre à Hippone pendant une fête d'une révolte importante contre les Romains.'son frère Gildon, qui fut haut responsable romain, mènera aussi une autre révolte vers 395.Saint Augustin le Numide universel n'a jamais cessé de revendiquer son africanité.'lui qui se hissa à un niveau exceptionnel de la culture romaine ou gréco-romaine n'hésitera pas à critiquer l'Empire romain quand cela était nécessaire. Aussi s'élèvera-t-il contre les injustices dont il fut témoin en Afrique, la torture et le brigandage.'il revendiquera le droit à la citoyenneté des peuples conquis.'au plan de la vie ecclésiale, il défendra devant le pape de Rome les droits ecclésiaux de l'Eglise d'Afrique tout en reprochant aux donatistes de faire de leur Eglise africaine une secte régionale coupée de l'Eglise universelle.'en abordant l'immensité de l'œuvre de saint Augustin attaché à son africanité, il fait référence à cette communauté de disciples rassemblée autour de lui en 385 dans les environs de Milan après dix années d'enseignement à Carthage.'ces jeunes Numides cherchaient avec lui Dieu et la vérité.'dans une localité voisine de Milan qui fut Cassiciacum, il formera un comité de réflexion philosophique et religieuse, avec ces jeunes «Africains» ou «Numides» venus de sa religion natale,'sa mère Monique, Adéodat son fils, Navigus son frère et deux de ses cousins, il engage le débat.?
Les livres que rédigera saint Augustin après cette réflexion sont La vie heureuse (386), L'immortalité de l'âme (387), Le libre arbitre (386-387).'la nature de l'âme et l'union à Dieu que fut cette recherche sera la même quête commune qu'il leur proposera quand ils seront revenus en Numidie en 388 dans la petite communauté de prière et méditation qu'il rassemble à Thagaste.'ce sera le même message que partagera saint Augustin devenu évêque de 396 à 430 avec les membres de sa communauté sacerdotale de la Basilique de la paix à Hippone ou avec les évêques de sa région.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M ”ˆMeddeber
Source : www.lesoirdalgerie.com