De mauvais indicateurs des deux côtés de l'Atlantique faisant craindre un ralentissement de l'économie ont plombé les Bourses européennes qui ont terminé en baisse, avant-hier. La zone euro est entrée en récession au troisième trimestre pour la deuxième fois en trois ans mais la France s'est distinguée avec un rebond de croissance de 0,2% au troisième trimestre. Aux Etats-Unis, l'activité manufacturière de New York a continué à se dégrader et les nouvelles inscriptions au chômage ont connu leur hausse la plus forte en plus de sept ans. Pour autant, "les statistiques américaines pour octobre sont assez illisibles, en raison du passage de l'ouragan Sandy. Il ne faut pas en tirer trop de conclusions", a commenté l'analyste Frédéric Rozier, gérant chez Messchaert Gestion Privée.
L'Eurostoxx 50 a cédé 0,45%
La Bourse de Francfort a signé une séance de baisse. A la clôture, l'indice vedette Dax a perdu 0,82% à 7 043,42 points, tandis que l'indice des valeurs moyennes MDax s'est enfoncé de manière plus prononcée, abandonnant 1,56% à 11 071,48 points. La compagnie aérienne Lufthansa a terminé à -5,10% (11,90 euros), le groupe de matériel de construction HeidelbergCement à -2,57% (39,40 euros) et le sidérurgiste ThyssenKrupp à -2,25% (16,51 euros). Aux côtés de Deutsche Telekom (+0,51% à 8,35 euros) et de Deutsche Bank (+0,50% à 33,41 euros), le groupe pharmaceutique Merck KGaA a été l'un des seuls titres à tirer son épingle du jeu (+1,31% à 99,30 euros), après avoir annoncé de bonnes performances au troisième trimestre et s'être montré légèrement plus optimiste pour ses résultats annuels. La Bourse de Paris a terminé en baisse (-0,52%). L'indice CAC 40 a perdu 17,62 points à 3 382,40 points, dans un volume d'échanges faible de moins de deux milliards d'euros.
Parmi les valeurs, aucune logique sectorielle n'a prédominé. Quelques poids lourds du CAC 40 ont pesé sur la tendance, à l'image de EADS (-2,94% à 25,09 euros), EDF (-2,07% à 14,20 euros), Sanofi (-1,18% à 67,05 euros) et Saint-Gobain (-0,65% à 27,69 euros). La Bourse de Londres a clôturé en baisse, les investisseurs affichant leur inquiétude après l'entrée en récession de la zone euro. L'indice FTSE-100 des principales valeurs a perdu 44,26 points (-0,77%) par rapport à la clôture de la veille, à 5 677,75 points. Le groupe pétrolier BP a clôturé sur un très léger repli de 0,08% à 425,4 pence après avoir annoncé qu'il allait payer une amende record de plus de 4,5 milliards de dollars aux autorités américaines dans le cadre de l'accord à l'amiable pour régler une partie du dossier de la marée noire du golfe du Mexique. Parmi les autres baisses, le groupe de distribution Marks and Spencer a cédé 2,06% à 370,6 pence, le groupe minier Anglo American 1,97% à 1 691 pence et la banque Lloyds Banking Group 1,42% à 45,7 pence. L'indice vedette de la Bourse de Milan, le FTSE Mib a clôturé en baisse de 0,59% à 15 163 points. Le constructeur Fiat, qui selon son patron Sergio Marchionne cité par la presse entend vendre l'année prochaine plus de 4,3 millions de véhicules, dont 2,6 millions via Chrysler, et a jugé "inévitable" la fusion des deux groupes, a terminé en hausse de 1,14% à 3,382 euros. La banque Unicredit a continué de profiter de l'effet de ses résultats trimestriels meilleurs que prévu et progressé de 0,70% à 3,468 euros. A l'inverse, le groupe Mediaset, qui a fortement déçu avec un 3è trimestre dans le rouge, a perdu 2,75% à 1,204 euro. L'indice AEX des principales valeurs de la Bourse d'Amsterdam a clôturé en baisse de 1,79% à 324,76 points, la quasi-totalité des titres terminant la séance dans le rouge. La baisse la plus importante a été enregistrée par le groupe de forage offshore pétrolier et gazier SBM, qui a chuté de 12,78% à 8,69 euros, suivi par le groupe franco-néerlandais Air France-KLM, qui a cédé de 8,46% à 6,55 euros. La Bourse de Bruxelles a terminé en baisse de 0,64% à 2 324,24 points. Les valeurs liées aux matières premières ont une nouvelle fois souffert: le numéro un mondial du zinc, Nyrstar, a perdu 4,19% à 4,07 euros après avoir déjà lâché près de 5% la veille. Les analystes de Goldman Sachs recommandent désormais de "vendre" le titre. Ils avaient auparavant une opinion "neutre". Le groupe de métallurgie Bekaert a cédé 1,97% à 18,19 euros. La veille, il avait plongé de 11% après des résultats trimestriels décevants, traduisant l'effondrement du marché des panneaux solaires, notamment en Chine. La Bourse de Madrid a terminé en légère hausse de 0,29%, à 7 695,5 points, au terme d'une séance marquée par la confirmation que l'Espagne est restée en récession au troisième trimestre, avec un recul du PIB de 0,3% par rapport au deuxième trimestre. Les valeurs bancaires de l'indice Ibex-35 ont terminé en ordre disparate: Santander, numéro un en zone euro par la capitalisation, a fini en légère hausse de 0,48%, à 5,617 euros, BBVA, numéro deux, a gagné 0,58%, à 6,271 euros tandis que la troisième banque, CaixaBank a terminé en hausse de 1,22%, à 2,652 euros. La Bourse de Lisbonne a clôturé sur une baisse de 0,68% à 5 238,14 points. L'indice PSI-20 a été notamment plombé par la chute des grandes banques portugaises. La BCP accuse la plus forte baisse (-2,86%), suivi de près par la BPI (-2,21%) puis la BES (-1,65%). Les valeurs vedettes finissent également toutes dans le rouge. L'électricien EDP termine à -0,66%, le pétrolier Galp à -0,21% et Portugal Telecom à -0,32%. Seuls le groupe bancaire Banif (+1,47%) et le groupe de médias Cofina (+1,23%) enregistrent des hausses notables.
Wall Street recule, minée par les risques d'une impasse budgétaire aux USA
Wall Street a terminé dans le rouge, avant-hier, à l'issue d'une séance en dents de scie, angoissée par des indicateurs moroses des deux côtés de l'Atlantique et par les risques d'une impasse budgétaire aux Etats-Unis: le Dow Jones a reculé de 0,23% et le Nasdaq de 0,35%.Selon les résultats définitifs à la clôture, le Dow Jones Industrial Average a abandonné 28,57 points à 12 542,38 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, 9,87points à 2 836,94 points. L'indice élargi Standard and Poor's 500 a lâché 0,16% (-2,17 points) à 1 353,32 points.Ce fut une séance très irrégulière, a relevé Peter Cardillo, de Rockwell Global Capital. Le marché a nettement reculé puis s'est un peu repris, en dépit d'angoisses au sujet du budget fédéral américain et de nouvelles économiques pas encourageantes du tout aux Etats-Unis, a-t-il noté. Il est possible que le marché commence à être un peu trop vendu, a-t-il estimé. Toutefois, pour l'instant, en l'absence de tout signe positif, les investisseurs sont très pessimistes pour les perspectives du marché et ils continuent de vendre leurs titres, comme ces six dernières semaines, a noté David Levy, de Kenjol Capital Management. Cela créé des opportunités d'achat à bon compte, ce qui explique le rebond des indices dans le vert dans la matinée, mais le marché ne parviendra pas à reprendre vraiment pied tant que le problème du +mur budgétaire+ ne sera pas résolu, a-t-il ajouté. Si démocrates et républicains ne parviennent pas à un accord avant la fin de l'année sur le budget, des coupes budgétaires et des hausses d'impôts se mettront automatiquement en place début janvier, au risque de faire tomber les Etats-Unis en récession. Les indicateurs publiés dans la matinée n'ont pas non plus été de nature à rassurer les investisseurs sur la vigueur de l'économie américaine. Le département du Travail a notamment annoncé que les nouvelles inscriptions au chômage avaient enregistré leur hausse la plus forte en sept ans, après le passage de l'ouragan Sandy sur le nord-est du pays.Et la banque centrale américaine a indiqué que l'activité manufacturière de la région de New York avait continué de se dégrader pour le quatrième mois d'affilée en novembre, tandis que celle de la région de Philadelphie (est) a rechuté après un mois de hausse.
Les nouvelles en provenance d'Europe n'étaient pas plus réjouissantes. L'office européen de statistiques Eurostat a annoncé que la zone euro était entrée officiellement en récession au troisième trimestre 2012, pour la deuxième fois en trois ans. Cela n'a surpris personne mais ça reste une nouvelle marquante qui renforce la perte de confiance des investisseurs, a souligné M. Levy. Le marché obligataire a terminé sans direction. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans est resté stable par rapport à la veille à 1,589% et celui à 30 ans a légèrement reculé à 2,724% contre 2,728% la veille.
Tokyo: le Nikkei finit en hausse de 1,90%, repli du yen
L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a terminé, avant-hier, la journée en hausse de 1,90%, sur fond de bénéfique baisse du yen face au dollar et à l'euro, alors que se profilent des élections et un probable changement de gouvernement au Japon. A la clôture, l'indice Nikkei 225 des valeurs vedettes a gagné 164,99 points pour finir à 8 829,72 points, tandis que sur le marché des changes le dollar et l'euro grimpaient de plus d'un yen chacun par rapport à leurs cours de la veille. Les déclarations du chef de l'opposition conservatrice et probable futur Premier ministre Shinzo Abe en faveur de plus d'assouplissement monétaire ont accentué ce mouvement favorable aux entreprises japonaises. L'indice élargi Topix de tous les titres du premier tableau a de son côté bondi de 2,09% (15,10 points) pour terminer à 737,51 points. La journée boursière a été très active avec 2,22 milliards de titres échangés sur le premier marché, un niveau très élevé, un volume d'affaires supérieur de près d'un milliard à celui de la veille. Le dollar gagnait près de 1,5 yen face à la monnaie nippone, s'affichant à 80,90 yens à l'heure de la fermeture, tandis que l'euro gagnait près de 2 yens à 103,10 yens. Cette chute relative du yen a grandement profité aux firmes exportatrices de l'archipel à la merci de la conjoncture extérieure et sensibles aux variations des cours de change, à l'exception de Sony. L'action du premier constructeur d'automobiles, Toyota, a ainsi rebondi de 5,07% à 3 215 yens, après avoir été victime la veille du lancement d'un rappel de 2,77 millions de véhicules dans le monde. Le titre de son concurrent Honda a aussi repris du tonus, s'élevant de 5,12% à 2 465 yens, et celui de Nissan de 2,63% à 684 yens. Dans l'autre secteur-vedette, celui de l'électronique, Sharp s'est offert un nouveau rebond de 3,07% à 168 yens, profitant encore d'informations dans la presse selon lesquelles la firme nippone en difficultés financières pourrait bénéficier d'une injection de fonds des firmes américaines Intel et Qualcomm. Panasonic a pour sa part augmenté de 1,80% à 395 yens, les investisseurs prenant aussi sans doute en compte la perspective d'une accentuation de la restructuration en cours et la poursuite d'une réduction de masse salariale, actuellement à l'étude. Le titre Nintendo, qui s'était déjà distingué par des gains lors des deux précédentes séances grâce à des prévisions extérieures de bon augure pour les ventes de sa nouvelle console de jeu de salon Wii U, a encore engrangé 1,96%, finissant à 10 390 yens. Le titre du groupe de bureautique Canon, également gros exportateur en Europe, a pour sa part affiché une hausse de 4,60% à 2 549 yens, tandis que l'action de son compatriote et rival Nikon a augmenté de 3,29% à 1 853 yens. Les maisons de négoce, les banques, les sidérurgistes ou encore les promoteurs immobiliers ont également bénéficié du regain d'enthousiasme des donneurs d'ordres. A rebours de toutes ces valeurs, l'action du fleuron de l'électronique, Sony, a en revanche subi un plongeon de 8,85% (77 yens) pour tomber à 793 yens, après s'être même effondrée de quelque 11% dans la journée. Le géant avait annoncé la veille après la fermeture qu'il allait émettre des obligations convertibles en actions pour un montant de 150 milliards de yens (1,5 milliard d'euros) afin de financer des projets attenant à ses activités majeures. Les actionnaires n'ont guère apprécié cette décision du conseil d'administration, craignant une dilution du capital.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Leila S
Source : www.lemaghrebdz.com