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Louisa Hanoune



Louisa Hanoune
"On ne nourrit pas les ventres creux avec des discours !" C'est par ce propos chargés de sens que la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, a répondu, jeudi, au Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui, la veille, avait tenté de rassurer les Algériens sur la situation économique et sociale du pays.Contrairement aux arguments de M. Sellal qui refuse toujours de reconnaître la politique d'austérité clairement déclinée dans la loi de finances 2017, Mme Hanoune appréhende l'année à qui arrive, comme étant celle des "grands dangers". Autant, dit-elle, dans les domaines économique et social que sur le plan politique. Pour elle, l'austérité est déjà là. "L'austérité se fait sentir depuis l'adoption de la loi de finances complémentaire 2015, puis de la loi de finances 2016." Qualifiant la nouvelle loi de finances 2017 de "criminelle", la patronne du PT alerte sur un "virage dangereux" qui guette l'Algérie. "Je comprends que M. Sellal soit inquiet parce qu'il sait bien que la situation est très critique. Mais la réalité est là. Et le discours ne suffit pas", a-t-elle affirmé, accablant le gouvernement qu'elle accuse d'être, en grande partie, à la solde de la catégorie des "oligarques prédateurs". Une oligarchie, infime soit-elle, qui a la mainmise sur l'Etat algérien et qui le menacerait même dans son existence, accuse encore Louisa Hanoune.À Sellal qui tente de rassurer sur l'engagement de son gouvernement à préserver les acquis sociaux et à continuer à garantir les transferts sociaux, Mme Hanoune répond que ces transferts sont déjà affectés tant est que le budget de l'Etat est considérablement réduit. "Sellal a dit quel'Etat continuera à consacrer 23% du budget aux transferts sociaux. D'accord. Mais de quel budget ' Du budget d'austérité ' Donc les transferts sociaux seront d'une manière ou d'une autre réduits, voire appelés à être progressivement remis en cause", alerte Mme Hanoune, qui se déclare davantage outrée par le fait que le gouvernement décide de maintenir la LF 2017 jusqu'en 2019 ! Une austérité, déplore-t-elle, qui s'étalera ainsi sur une période de trois ans. "Le gouvernement a décidé de gérer la crise par la même loi de finances pendant les trois années à venir. C'est-à-dire qu'elle restera inchangée même au cas où les prix du pétrole connaîtraient une hausse. C'est aberrant !", regrette-t-elle, non sans se demander pourquoi, dans ce cas-là, tenir des Conseils des ministres ou élire un nouveau Parlement. "À quoi sert un Conseil des ministres et un Parlement si on décide de gérer le pays avec un même budget trois durant '", s'interroge-t-elle en effet.Pour autant, Louisa Hanoune se déclare opposée aux "appels anonymes" lancés sur les réseaux sociaux pour l'organisation d'une grève générale durant toute la première semaine de janvier en guise de protestation contre les mesures d'austérité dont les multiples taxes introduites dans la LF 2016. Pour elle, c'est un appel à "désobéissance civile" qu'elle endosse à des cercles occultes qui voudraient, selon elle, entraîner l'Algérie dans un engrenage similaire au "Printemps arabe" de 2011. Cela étant, Mme Hanoune n'est pas contre l'organisation des mouvements de protestation dans un cadre légitime tels que, cite-t-elle, les grèves des travailleurs.Farid Abdeladim
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