
Le débat actuel portant sur le projet de loi de Finances 2016 est totalement biaisé, assimilant tous les opérateurs privés à une oligarchie financière corrompue, qui risque de faire fuir les capitaux, alors qu'avec la crise financière aigüe qui s'annonce, l'Algérie a besoin de rassembler, et des solutions concrètes réalistes. Je conseille à mes amis du secteur privé d'éviter une médiatisation excessive qui pourrait être mal interprétée tant par les partisans du socialisme de la mamelle que la majorité de la population, devant agir en réseaux discrets pour plus d'efficacité.Par ailleurs, l'expérience menée sur le terrain a montré des comptabilités défectueuses, une non- délimitation des superficies acquises existant un écart entre le réel et le bilan coté terrain, la majorité des unités évaluées n'ayant pas de comptabilité analytique afin de cerner les coûts. Enfin, les délais entre le moment de sélection de l'entreprise à privatiser, les évaluations, les avis d'appel d'offres, le transfert au Conseil des participations de l'Etat sous la présidence du chef du gouvernement, puis au Conseil des ministres et la délivrance du titre final de propriété ne sont pas clairement datés, ce qui risque de décourager tout repreneur. Car, en ce monde les capitaux mobiles vont s'investir là où les obstacles économiques et politiques sont mineurs, le temps étant de l'argent. Or seule une synchronisation clairement définie permettrait d'éviter les longs circuits bureaucratiques du passé. Enfin les textes juridiques actuels sont contradictoires, certains articles contredisant d'autres contraires aux règles élémentaires de l'économie de marché pouvant entraîner des conflits interminables d'où l'urgence de leur harmonisation, leur simplification par rapport au droit international. Les répartitions de compétences devront être précisées dans le cadre juridique en vigueur où il devrait être possible de déterminer qui a le pouvoir : de demander l'engagement d'une opération de privatisation ; de préparer la transaction ; d'organiser la sélection de l'acquéreur ; d'autoriser la conclusion de l'opération ; de signer les accords pertinents et enfin de mettre en ?uvre les accords de privatisation et s'assurer de leur bonne exécution. Cinquièmement, la léthargie de la Bourse d'Alger qu'il s'agit impérativement de dynamiser ' Outre la levée des contraintes liées à l'environnement des affaires (bureaucratie, état du système bancaire, foncier...), je propose une privatisation partielle de quelques champions nationaux pour amorcer le mouvement et la création de fonds de private P/P pour sélectionner quelques entreprises privées en vue de leur introduction ultérieure en Bourse. On pourrait mettre en Bourse, à titre d'exemple, 10/15 % de Sonatrach, 10 à 15 % de la BEA, 10/15 % de Sonelgaz, 15 % de Cosider et 15 % de deux banques publiques le CPA et la BADR. Elle peut se faire par la cession d'actifs, ne concernant pas seulement l'industrie, mais les banques, les assurances et la mixité dans certains segments des services collectifs pouvant se prêter au calcul marchand. Cela permettrait de constituer un indice boursier consistant en volume et en qualité, amorçant le cercle vertueux, et attirer des opérateurs privés. Ces fonds agiraient comme incubateurs de sociétés éligibles à la Bourse. Dans ce cadre, une aide au développement des acteurs privés du secteur de l'investissement (conseillers IOB, gestionnaires d'actifs) est nécessaire. Mais là n'est pas l'essentiel. La dynamisation de la Bourse passe forcément par la refonte du système financier algérien qui porte en lui la substance de l'enjeu, du fait qu'il cadre parfaitement la politique économique développée jusqu'à présent et son corollaire, une logique rentière néfaste. 5.- Partenariat et démocratisation de la décision économique L'implication du secteur privé dans la relance économique du pays ne peut se faire sans un véritable transfert de technologie au profit des entreprises algériennes. Des entreprises qui ont aujourd'hui fortement besoin d'être mises à niveau , de se tourner vers les nouvelles technologies et consacrer une part de leur profit à la recherche développement si elles veulent devenir performantes dans le cadre des valeurs internationales car nous sommes à l'ère de la mondialisation. Ce n'est pas une question uniquement de capital-argent et combien d'entreprises privées favorisent les véritables compétences, illusion de la directive d'intégration du capital argent de la sphère informelle' Si on ne respecte pas cette condition, on ne pourra en aucun cas parvenir à un partenariat public-privé efficace. Pour ma part, la réussite d'un partenariat public-privé avec l'investissement étranger doit jouer un rôle important. Aussi, encourager le partenariat entre les secteurs public et privé implique certes le secteur d'Etat mais également à la fois l'opérateur privé national et l'opérateur privé étranger. Les entreprises étrangères intéressées par le marché algérien ont, dans ce sens, un rôle important à jouer en matière de transfert de technologie et de savoir-faire en direction de l'Algérie. La règle 51/49, où un bilan s'avère nécessaire, loin des discours populistes idéologiques, où selon nos enquêtes, ou souvent , existant quelques rares exceptions, l'Algérie supporte tous les surcouts sans qu'existe un véritable transfert doit être assouplie. Elle peut s'appliquer aux secteurs stratégiques qu'il s ?agit de définir avec précision car ce qui est stratégique aujourd'hui tenant compte des nouvelles mutations mondiales peut ne pas devenir stratégique demain. Il est aberrant de l'appliquer aux PMI/PME avec les partenaires étrangers qui ont un savoir faire, où la minorité de blocage suffirait afin d'éviter des délocalisations sauvages. Certaines personnes défendent cette règle soit pour des raisons idéologiques dépassées, soit qu'elle car leur procure des intérêts de rente sans que le partenaire étranger ne prenne de risques. Personne n'a le monopole du nationalisme et le véritable nationalisme est la contribution à l'accroissement de la valeur ajoutée interne, condition d'ne croissance durable, de création d'emplois productifs afin d'atténuer les tensions sociales. N'oublions pas qu'avec la pression démographique, donc des besoins croissants, l'épuisement progressive de la rente , en plus du taux de chômage actuel sous estimé par les emplois rente, en plus du taux de chômage actuel, arrive sur le marché du travail 300 000/350 000 demandes d'emplois additionnelles par an. D'une manière générale, la réussite de la réforme globale dont la privatisation n'est qu'un facteur parmi tant d'autres, est conditionnée par une plus grande visibilité dans la politique socio-économique, un Etat de Droit, et la démocratisation des décisions économiques renvoyant à la transparence la plus totale, évitant ce slogan creux de bradage du patrimoine public par les tenants de la rente. Avec les scandales de corruption qui se socialise menaçant les fondements de l'Etat algérien et donc la sécurité nationale, rendent, à tort ou à raison, suspecte toute opération de privatisation et d'une manière générale tout processus de réformes structurelles. Certes, on ne peut mener des réformes structurelles en demandant des sacrifices à la majorité, dans un cadre général de suspicion et sans la moralité de ceux qui dirigent la Cité. La situation socio- politique actuelle en Algérie, caractérisée par des dépenses monétaires sans contreparties productives pour calmer le front social, reportant dans le temps la résolution des véritables problèmes où les ajustements économiques et sociaux seront plus douloureux, rendent pourtant ces réformes urgentes. Dans ce cadre l'Algérie doit mobiliser tous les acteurs afin de favoriser la croissance interne. Le rôle du secteur privé a besoin d'être démystifié souvent assimilé faussement à voleurs à l'instar des entrepreneurs publics, alors que la majorité est honnête. Le secteur privé national productif a besoin de plus d'autonomie et d'espaces de liberté, ne signifiant pas capitalisme sauvage. L'Etat régulateur a un rôle stratégique à jouer afin de concilier les coûts sociaux et les coûts privés. Avec la chute du cours des hydrocarbures qui sera de longue durée, l'Algérie doit mobiliser tous ses enfants, au profit d'une patrie qui a besoin se retrouver la confiance et de libérer toutes les énergies créatrices. (Suite et fin)
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abderrahmane Mebtoul
Source : www.lnr-dz.com