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Ligue des champions - Le football allemand, construit pour gagner Football



Ligue des champions - Le football allemand, construit pour gagner Football
La finale 100% allemande de la Ligue des champions 2012/2013 entre le Bayern Munich et le Borussia Dortmund consacre une montée en puissance des clubs de Bundesliga, favorisée par des choix sportifs, économiques et organisationnels assumés.
Le 25 mai à Wembley, au terme de la finale qui opposera le club bavarois à son grand rival de la Ruhr, la Bundesliga est certaine de remporter sa 7e C1, la première depuis 12 ans.
Une longue traversée du désert au niveau continental qui correspond aussi à un trou d'air de l'équipe nationale. Et c'est donc sans surprise que le renouveau des clubs allemands suit de près celui de la Mannschaft, qui a atteint le dernier carré des quatre dernières grandes compétitions internationales.
Technique et aptitudes offensives
Traditionnelle place forte du football européen, le Bayern est lui devenu encore un peu plus que ça avec trois finales de Ligue des champions en quatre ans, même s'il a perdu les deux premières, respectivement face à l'Inter Milan (2010) et Chelsea (2012).
Le choix collectif fait par le football allemand - fédération et clubs réunis - de mettre l'accent dans la formation des jeunes joueurs sur la technique et les aptitudes offensives, beaucoup plus que sur le physique, s'est en fait traduit aussi dans le niveau des clubs et du championnat.
La Bundesliga, avec près de trois buts par match en moyenne, est l'un des championnats les plus spectaculaires d'Europe, et le jeu moderne, technique et offensif pratiqué par ses clubs paye désormais aussi à l'échelon supérieur. La démonstration du Bayern face à Barcelone, même privé d'un Messi à 100%, (7-0 sur l'ensemble des deux matches) en est la parfaite illustration.
L'Allemagne profite aussi d'une puissance financière importante qui lui permet de conserver ses meilleurs joueurs. Mis à part Özil et Khedira, attirés très tôt par les millions du Real, les joueurs-clés de la Mannschaft - Lahm, Schweinsteiger, Müller, Gomez, Reus, Götze - ont préféré poursuivre leur carrière au pays.
Progressivement, l'Allemagne devient aussi un aimant pour les meilleurs joueurs du monde, comme Ribéry et Robben, ou pour les entraîneurs puisque le Bayern s'est assuré les services de l'ancien entraîneur du Barça, Pep Guardiola, que tout le monde s'arrachait- le tout sans faire de folles dépenses.
Trêve hivernale
Les clubs allemands affichent un taux d'endettement faible et, grâce à la Coupe du monde 2006 organisée dans le pays, disposent d'infrastructures sportives modernes et pour certaines déjà entièrement financées.
Avec 42.000 spectateurs par match en moyenne, les clubs s'assurent des rentrées financières confortables.
Enfin, l'Allemagne semble avoir mieux intégré les exigences du football de haut-niveau dans l'élaboration de son calendrier.
Le championnat s'y dispute à 18 clubs, en 34 journées, là où les autres grands championnats continuent à s'infliger quatre matches de plus par an avec leur compétition à 20 équipes. En dehors de la Bundesliga, il n'y a qu'une seule autre compétition nationale, la Coupe d'Allemagne, jouée à partir du 2e tour par les clubs de l'élite, par match unique avec tirs au but à la fin pour départager. Pas de matches aller-retour comme en Espagne ou en Italie, ni de matches rejoués comme en Angleterre, pas de coupe de la Ligue comme en France.
Un joueur allemand disputera donc au maximum une cinquantaine de matches de club si son équipe va loin dans toutes les compétitions, bien moins que les 68 matches revendiqués cette saison par le gardien de Chelsea, Petr Cech, au soir de la finale de Ligue Europa contre Benfica.
Le championnat respecte aussi scrupuleusement une trêve de quatre semaines en hiver, laissant la possibilité aux organismes de se régénérer et réduisant le risque de blessures stupides sur des terrains rendus dangereux par les intempéries.
Dans une interview mercredi au Figaro, Karl-Heinz Rummenigge, président du Bayern, ajoute un dernier élément d'explication. "Notre modèle économique est aussi basé sur la solidarité. Le dernier de Bundesliga perçoit ainsi seulement la moitié moins (15 ME) de droits TV que le premier (30 ME)", a-t-il dit.
Dans ces conditions, le football allemand semble armé pour durer au plus haut niveau européen, et le fair-play financier prôné par l'UEFA pourrait bien conforter encore l'avance prise sur le reste du continent.
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