Mila - A la une

Lettre de province



Lettre de province
Par Boubakeur Hamidechiboubakeur.hamidechi@Yahoo.frAvant même que ne s'ouvre la campagne, le doute commence déjà à tarauder les esprits de la plupart des partis «périphériques» ayant précipitamment décidé de participer aux prochaines législatives. A moins de se dédire en se retirant assez tèt, tout en le faisant savoir publiquement, les rares appareils dont le socle social est irréfutable (FFS, RCD et le bloc islamiste) devront, par conséquent, ravaler leur amertume au moment où il leur faudra constituer des listes alors que le contexte social se prête si peu à ces enjeux faussement électifs. Car le fait de plaider sur la place publique pour le rendez-vous des urnes au moment où le panier de la ménagère est à moitié vide produira, à n'en pas douter, des effets désastreux. En sachant à l'avance qu'en réponse à leurs surenchères oratoires, ils risqueront fort d'être désavoués par l'opinion, ils n'auront alors d'autres recours alternatifs que de faire campagne sur les thématiques officielles. On les verra alors s'efforçant de fourguer de vieilles promesses ayant servi déjà à la promotion d'anciennes législatives. A vrai dire, il n'y aura rien d'autre à attendre et”? entendre de la part de ces professionnels de la contrefaçon en politique si ce n'est la mauvaise musique de la démagogie recuite qui leur servira de programme. Faussaires patentés, ils se présenteront à partir du mois d'avril devant des auditoires dubitatifs afin de faire l'éloge d'une démocratie dont ils furent pourtant les complices de son avilissement. Sur le mode de la flagornerie, ils n'hésiteront pas à user de la louange au profit d'une gouvernance détentrice des clés de la manipulation des scrutins ; et cela afin d'accéder à sa bonne grâce. Il en est ainsi de l'ensemble des agitateurs politiques, et ce, quelles que soient leurs enseignes partisanes.A l'exception du binème FLN-RND, qui constitue l'ossature et le référent doctrinal du régime, le reste des partis n'a-t-il pas d'ailleurs fini par succomber à une certaine docilité assimilable à de la compromission, au moment où l'impérieuse nécessité de gagner en visibilité les encourage à pactiser avec le pouvoir. Et c'est sur ce levier que ce dernier s'appuiera lors des élections afin d'accorder des quotas de sièges au Parlement. C'est ainsi que cycliquement, il en est même venu à agrandir cette clientèle de «partillons» par le biais des agréments, comme cela fut le cas en 2012 lorsqu'une nouvelle «promotion» de 17 partis fut autorisée à exercer. Etonnamment, elle sera suivie par une seconde à la veille de la dernière présidentielle (2014) ! Or, ces facilitations administratives qui survinrent dans des contextes précis, alors que rien de notoirement positif n'accréditait le comportement du pouvoir, ont montré clairement que nous avions affaire à des opérations de noyautage destinées à mettre en difficulté la contestation des courants traditionnels de l'opposition : FFS, RCD et PT. In fine, il pense et espère que la multiplication des tribunes partisanes finirait bien par rendre inaudibles les plus sérieuses et les mieux structurées. A travers cette ahurissante arithmétique (52 partis), l'on comprend parfaitement à quoi serviraient ces appareils et à quel usage ces factions seraient actionnées ponctuellement. Car, au-delà des sigles qui prétendent les identifier, voire les différencier, ils ne sont globalement considérés que comme la «boîte à outils» du régime. Celle à partir de laquelle il sera en mesure de tenir en laisse le pèle islamiste en l'obligeant discrètement à gommer ses exigences et, dans le même temps, mettre sou pression le FFS et le RCD essentiellement afin qu'ils contribuent à donner du sens aux prochains scrutins sous peine de réorienter les quotas vers des partis du même profil dont le modèle serait le «mouvement» de Amara Benyounès.Face donc au multipartisme, le cheminement de Bouteflika n'a-t-il pas toujours été strictement tactique ' C'est ainsi, qu'après lui avoir imposé un numerus clausus au cours des trois premiers mandats, il a décidé d'inonder le champ politique en optant pour un agrément de «masse». Ceci expliquant cela, l'on constate qu'il ne fit qu'inverser simplement les termes de la vieille polémique qu'il suscita lorsqu'il opposa un refus à Taleb Ibrahimi qui souhaitait alors créer son propre parti.Autre temps, autre stratégie, pourrait-on dire à propos de cette fausse révolution copernicienne d'un régime affaibli auquel il ne reste que le recours aux subterfuges pour ne pas sombrer. N'ayant pas foncièrement changé d'un iota quant à sa perception des libertés publiques, il s'était contenté, par le passé récent, de changer de perspective en démultipliant les tribunes avec le secret désir de faire coup double toutes les fois où les enjeux des urnes excitent les strates peuplées de politicards. Or, dans les semaines prochaines, l'on verra et l'on entendra de moins en moins les partis, attirés par le mirage de la transparence, décliner leurs promesses. Par contre, il faudra s'attendre à un vaste déploiement de slogans appelant au civisme des urnes et dénonçant l'abstention. Même les candidats ne peuvent que s'en remettre personnellement à la «charité» de la machine de propagande pour plaider leur cause, vainement. Il est vrai que la dissidence de l'électorat est un aspect vérifiable après plusieurs scrutins. Elle pourrait, cette fois encore, faire des ravages tant la fébrilité est à son comble actuellement face à la spirale de l'appauvrissement rendu, de surcroît, pathétique au vu de l'incompétence notoire de la gouvernance. Et si, au soir du 4 mai, toute la colère, longtemps contenue, d'un pays venait à s'exprimer par une abstention massive, comment réagirait alors un pouvoir privé de la ratification indirecte d'un vote sur lequel il avait tout misé pour ravaler une image et une légitimité tout à fait détériorées ' Saura-t-il se soumettre à la bérézina et remettre les clés de l'Etat ou, au contraire, falsifiera-t-il, une fois de trop, le diagnostic des urnes ' Voilà deux questions que d'aucuns qualifieront de procédés provocateurs”? ! C'est d'ailleurs ainsi que l'on a pris l'habitude de juger la moindre interrogation qui ne fait pas l'économie du parler-vrai.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)