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Les salariés appellent au rachat de la totalité des actifs



Les salariés appellent au rachat de la totalité des actifs
Malgré les multiples aides de l'Etat, notamment l'exonération d'impôts fiscaux et parafiscaux, la réduction sur le produit des matières énergétiques et l'eau et des effectifs, la société de sidérurgie ArcelorMittal Algérie reste le parent pauvre des maillons de l'économie nationale.A la signature de l'accord de partenariat en 2001 et sa réactualisation, une décennie plus tard, la sidérurgie algérienne n'a toujours pas pris son élan. Et pourtant, selon des indiscrétions au plus haut niveau de l'Etat, ArcelorMittal Algérie au capital social algérien à hauteur de 51%, devait contribuer à hauteur de 10% dans le produit intérieur brut. Treize années après, malgré le soutien financier accordé par l'Etat dans le cadre la mise en route d'un plan d'investissement, ArcelorMittal poursuit sa descente aux enfers. Elle souffre énormément de l'insuffisance de moyens de production et peine à faire face aux frais d'exploitation et de fonctionnement qu'imposent les installations. Bien avant la privatisation du complexe sidérurgique El- Hadjar, l'Algérie produisait moyennement 1 million de tonnes d'acier. Ce qui représentait une couverture de 20 à 30% de la part du marché national des produits sidérurgiques, synonyme de participation au Produit intérieur brut (PIB) via le secteur de l'industrie. En 2014, soit 13 années après sa signature, l'accord de partenariat gouvernement algérien/ Mittal s'étant avéré un échec, le rachat de la majorité des actifs en possession du partenaire étranger, était devenu une nécessité absolue. Ce qui a été fait sans pour autant que la situation ne s'améliore. Pire, à quelques jours de l'élaboration des statistiques 2014, on en est à peine à 380 000 tonnes d'acier liquide alors que la couverture sidérurgique au PIB a difficilement atteint les 5%. Pire, le gouvernement qui a perdu sa prédominance sur le marché national des produits sidérurgiques, a été contraint d'investir 10 milliards de dollars pour l'importation de ces mêmes produits. D'où la réaction des salariés qui, via leurs représentants du conseil syndical et du comité de participation ont appelé à la nationalisation du complexe sidérurgique El-Hadjar et les autres filiales. Et dire qu'à sa signature en septembre 2001, le contrat de partenariat avec Mittal avait été qualifié d'événement majeur. Il avait été entrepris dans un contexte très spécial marqué, notamment, par une crise économique et sécuritaire. Et c'était pour y faire face que le gouvernement algérien s'était jeté sur ce qui, à l'époque, avait été qualifié de bouée de sauvetage pour sauver la sidérurgie nationale. Intervenant dans un cadre clair-obscur, le partenaire étranger avait garanti une opportunité de développement économique et social de toute la région. Aujourd'hui, alors que l'Etat a engagé 1,5 milliard de dollars pour la réhabilitation des installations de production, cadres et économistes algériens estiment qu'il est grand temps de récupérer la totalité des actifs du capital social. Selon eux, le rachat du reste des actifs du capital social ArcelorMittal est impératif. Particulièrement en cette période de chute vertigineuse du prix du baril du pétrole. C'est ce qu'a martelé Smaïn Kouadria, député et anciennement secrétaire général du syndicat de l'entreprise ArcelorMittal. «Il faut reconnaître que le partenariat signé en 2001 entre le groupe Sider et celui ArcelorMittal, réactualisé en 2013, a échoué. Des circonstances n'ont pas permis à ce partenariat d'aboutir. Nous l'avons dit et répété à maintes reprises durant des années. On n'a pas voulu nous entendre. Dans cet accord, il est question de transfert de savoir-faire et de technologie. Treize années plus tard nous n'avons rien vu venir alors qu'ArcelorMittal a tout pris, y compris les mines de l'Ouenza et de Boukhadra jusqu'au port de Annaba. Ce partenaire n'a d'autre objectif que de renflouer ses caisses. Il l'a fait et continue à le faire à ce jour en recourant à l'importation des produits sidérurgiques et en rebutant des installations de production à l'image de la cokerie. Avec la chute continue du prix du baril de pétrole sur le marché international, il est temps de corriger nos erreurs de gestion en procédant à la nationalisation totale du complexe ArcelorMittal, des mines et du port sidérurgique. Nous avons tout ce qu'il faut pour réussir à relancer notre sidérurgie» dira-t-il interrogé sur l'impact de la situation du marché pétrolier sur le devenir du marché national des produits sidérurgiques. Il faut rappeler que le leader mondial de l'acier fait actuellement l'objet de nombreuses accusations de corruption. La toute dernière affaire l'impliquant directement a surgi au Sénégal. Interrogé par les journalistes sur l'affaire ArcelorMittal qui pollue les relations entre le pouvoir et l'opposition, le ministre sénégalais de la Justice Me Kaba a répondu : «que ceux qui disent détenir des preuves compromettantes dans cette affaire les apportent». Le dossier ArcelorMittal au Sénégal, n'est pas unique. Il y en a plusieurs, que le patron du groupe domicilié au Luxembourg aurait aimé voir mis sous l'éteignoir. Au lendemain de la mise en route du plan d'investissement, le dossier algérien pourrait, dans quelques mois, rejoindre la pile de dossiers similaires.


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