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Les limites de l'internationalisation de la crise



Les limites de l'internationalisation de la crise
Le Conseil de sécurité s'est penché, hier soir, sur l'examen du projet de résolution élaboré par Moscou sur la crise syrienne. Le texte en question comprend des points du protocole de la Ligue arabe aboutissant à l'envoi de la mission des observateurs arabes en Syrie.
La Ligue arabe a pris en charge, pour rappel, le traitement de la crise syrienne après l'échec de l'adoption par le Conseil de sécurité d'une résolution contre la Syrie, face à l'annonce par Pékin et Moscou, de leur éventuel véto. La France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont vite fait d'exprimer leur satisfaction de voir l'organisation de Nabil Arabi prendre en charge le traitement de la crise syrienne. Les différentes réunions de la Ligue arabe depuis n'ont pas été à l'abri des interférences de ces membres permanents du Conseil de sécurité et de certains gouvernements arabes qui ont promu l'approche occidentale en direction de la Syrie. Du gel du siège de Damas au sein de la Ligue arabe à l'adoption de sanctions économiques contre la Syrie et l'envoi des observateurs arabes, dont la mission se poursuit toujours dans le pays, le traitement de la crise syrienne revient sur la table du Conseil de sécurité. Un retour qui renseigne amplement sur les objectifs escomptés, dont le principal vise le pourrissement de la situation dans le pays. Ce qui devrait en premier lieu et à divers niveaux profiter à Israël sur fond de sa stratégie relative à la judaïsation de son Etat. Une stratégie à laquelle 'uvre son allié, les Etats-Unis, via son rôle dans la région visant une nouvelle configuration géographique et politique, à savoir le Grand Moyen-Orient. Cela intervient au moment où des appels sont lancés par le Conseil national syrien à inscrire sa démarche sous le chapitre VII de la Charte de l'ONU. Ce qui est loin d'être le chemin pouvant amener à l'apaisement de la situation en Syrie dont la liste des victimes (civiles et des services de sécurité) ne cesse de s'alourdir. Cela étant, si par ailleurs certains acteurs sur la scène internationale ont émis des déclarations incendiaires direction de la mission des observateurs arabes qui ont rapporté dans leurs documents la présence des groupes armés, ils ont opté pour le silence radio quant aux informations faisant état de circulation et de trafic d'armes sur les frontières libano'syriennes et turquo-syriennes. Informations rapportées par des médias étrangers dont des titres britanniques, russes et même américains. Le Qatar qui s'érige en acteur influant sur la scène arabe a, au lendemain de la visite de son Premier ministre et ministre des Affaires étrangères aux Etats-Unis, proposé l'envoi de troupes militaires arabes en Syrie. Indiquant que cette voie est en mesure d'aboutir à l'arrêt de l'effusion du sang syrien, faisant fi, ainsi, des conséquences gravissimes pouvant découler de cet éventuel déploiement. Pour bon nombre d'observateurs, la focalisation des Occidentaux sur la mise en place de corridors terrestres sur les frontières syriennes vise d'autres objectifs. Il s'agit de porter un coup fort à la résistance libanaise et palestinienne par l'éventuel déploiement d'une force onusienne ou arabe sur les points frontaliers et notamment la complication du grand projet économique commun (pétrole-gaz) sur l'axe Syrie-Iran-Irak. Pour sa part, le responsable de l'Armée syrienne libre, bras armé du CNS, a déclaré à la veille de la tenue de la réunion du Conseil de sécurité que «la Ligue arabe et ses observateurs ont échoué dans leur mission». Soulignant plus loin que «nous ne pensons pas qu'ils soient en mesure d'améliorer la situation en Syrie», et de préciser «ou de résister au régime». Ce qui renseigne amplement sur l'aventurisme de certains acteurs de l'opposition syrienne, principalement ceux de l'extérieur, misant sur le rôle occidental pour accélérer la chute du régime. Pour ce même responsable de l'opposition syrienne installé en Turquie, «c'est pour cette raison que nous demandons de confier le dossier au Conseil de sécurité et que nous appelons la communauté internationale à intervenir». Propos tenus à quelques jours avant la réunion de la Ligue arabe au niveau ministériel, prévue dimanche prochain au Caire, qui se tiendra sur fond des retombées de la réunion d'hier du Conseil de sécurité et après l'entretien tenu la semaine dernière à Washington entre le Premier ministre qatari et Hillary Clinton. Même si l'expérience de la Libye, à travers la participation de l'Otan par le biais de l'ONU, est à écarter, il est à noter que la crise libyenne et la crise syrienne sont similaires quant à l'absence de toute approche politique visant une médiation entre les acteurs syriens.
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