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Les limites d'une politique commune sur l'immigrationEurope



Les limites d'une politique commune sur l'immigrationEurope
Le naufrage en mer au large de Lampedusa, le 3 octobre dernier, au cours duquel environ 400 Africains ont trouvé la mort, a forcé les pays de l'Union européenne à inscrire dans leur agenda diplomatique la question de l'immigration illégale. Ce n 'est pas pour autant que ce problème, qui a un coût financier en cette période de crise économique, constitue une priorité pour la plupart des gouvernements. L'Espagne et l'Italie, soutenues par la France, sont les deux pays qui ont le plus agi pour un « minimum » consensuel entre les « 28 ». Ce constat d'hésitation dans la définition d'une stratégie migratoire commune a été fait, une nouvelle fois, vendredi et samedi derniers à Bruxelles, où se sont réunis les leaders européens. Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, était l'un des rares à être porteur de plusieurs propositions pour que soient évités de nouveaux drames similaires à celui de Lampedusa. Sur ce point, tout le monde était à peu près d'accord avec le président espagnol. Mais les divergences prennent du relief lorsqu'il s 'agit de mettre la main à la poche. La question de la répartition des efforts de gestion de l'immigration illégale, surtout financière, entre les pays de l'UE, n 'a pas suscité beaucoup d'enthousiasme chez les pays de l'espace Schengen qui n'ont pas de frontières d'entrée de l'immigration illégale, comme l 'Espagne ou l 'Italie. Certes, le président du gouvernement espagnol a reçu le soutien, outre de la France et de l'Italie, de tous les pays européens de la Méditerranée, en plus de la Bulgarie et de la Slovénie. Ces deux pays ont d'autres raisons que financières de soutenir l 'Espagne. Leur objectif est tout simplement d'éviter que ce problème dérive sur un débat entre le Sud et le Nord de l 'UE. Un groupe de travail pour la Méditerranée a été créé pour définir les actions prioritaires en matière d 'immigration sur la base des principes de prévention de ce phénomène, de protection des frontières Schengen et de solidarité européenne. Il faut rappeler que les ministres de l 'Intérieur de l 'Union européenne se sont réunis, le 8 octobre dernier au Luxembourg, mais sans pouvoir s 'entendre sur un plan de secours aux centaines d 'immigrés qui ont survécu au naufrage de l 'île italienne de Lampedusa. Aucune proposition concrète sur la contribution de chaque pays au fonds d'aide au profit de ces rescapés de Lampedusa, comme l 'a suggéré la Commission européenne, n 'avait été retenue. Le Conseil européen, réuni vendredi à Bruxelles, avait, certes, insisté dans ses conclusions sur « le principe de solidarité et la répartition juste des responsabilités en la matière des Etats membres de l 'UE et non pas seulement ceux du Sud qui, comme l 'Italie ou l 'Espagne, sont la frontière de l'espace Schengen ». C 'est à cette délicate question que sera confronté le groupe de travail pour la Méditerranée. D 'autant que l'arrivée par centaines de Somaliens et d'Erythréens, fuyant la faim et la guerre dans leurs pays, risque de prendre de l 'ampleur. Les experts font observer que les « 28 » vont trouver des solutions superficielles et non durables au contrôle de ce phénomène tant que persistera la situation d 'instabilité en Libye et en Egypte, pays de transit de la migration clandestine depuis l'Afrique subsaharienne.
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