
Désirs et réalités. La Caci (Chambre algérienne de commerce et d'industrie) fait dans l'innovation. Elle vient de lancer un nouveau concept, celui de «la culture de l'exportation» à inculquer à nos producteurs. Il va sans dire qu'il s'agit là d'exportation hors hydrocarbures. Pour lancer ce nouveau concept, la Caci a organisé «une journée d'information et de formation sur la logistique à l'export» lundi. Va pour «l'information», mais pour la «formation» une seule journée, c'est un peu juste. Le problème est cependant ailleurs. Nous allons y venir, mais avant, il n'est pas inutile de rappeler qu'en septembre dernier un autre concept aussi «innovant» que celui de la Caci a été lancé par le président de l'Association nationale des exportateurs algériens. C'était à Mila au cours d'une «journée d'étude sur les exportations». Pour ce responsable c'est la faute au «climat des affaires». Sans aller jusqu'à dire qu'il a emprunté le leitmotiv des investisseurs, il y a tout de même comme une concordance d'alibis pour essayer de justifier des insuffisances de différentes natures rassemblées dans un seul «panier». Pour donner l'impression que nos exportations hors hydrocarbures souffrent d'un manque de «culture» et d'un mauvais «climat». De quoi débattre (philosopher serait le mot le plus juste) jusqu'à la nuit des temps en faisant du surplace. Y a-t-il quelqu'un de sensé pour croire qu'il existe un producteur, un seul, qui ne soit pas tenté d'exporter ses produits' Son problème n'est pas de vouloir mais de pouvoir. Certes le marketing, la distribution, les plates-formes et toute la logistique universellement exigée font partie du problème. Sauf que ces étapes viennent après la qualité du produit sans laquelle rien n'est possible. La qualité dans son sens large qui englobe celle du produit, mais aussi de l'emballage et également des prix. C'est ce qui est communément appelé la compétitivité. Or ce problème de compétitivité, nos producteurs le vivent déjà sur le marché national. Ils ne parviennent pas à faire face à la concurrence qui leur est faite par les produits importés. Même en appelant le consommateur algérien à préférer le produit national comme le fait l'Ugta notamment dans le souci de préserver les emplois, il est difficile, voire impossible, d'orienter son choix vers une qualité inférieure. Si donc notre production nationale vit des problèmes de commercialisation sur son propre marché, on voit mal comment elle pourrait réussir à l'extérieur où les exigences sont plus fortes. Ce n'est ni un problème de «culture» ni de «climat». Il faut arrêter de se gargariser de mots et penser aux actions à entreprendre pour aider les producteurs à opérer une véritable mise à niveau dont on a tant parlé sans effet pour l'instant. Ce n'est qu'une fois cette condition remplie que les autres étapes peuvent être entamées. Il a été question un moment de mettre à contribution nos représentations diplomatiques à l'étranger. De renforcer leurs missions commerciales. Elles le peuvent. Elles le doivent mais avec le préalable de pouvoir défendre un produit irréprochable. Il est vrai que le temps est contre nous. Nous en avons très peu. Le déficit de notre balance commerciale se creuse de plus en plus et sans un sursaut immédiat nous allons droit vers des problèmes d'une tout autre dimension. Le prix du pétrole n'est pas près de se redresser. Tout le monde admet ce fait et son urgence. Le rôle de toutes les structures de l'Etat et des associations civiles, en charge des exportations hors hydrocarbures, est de trouver les vraies solutions aux vrais problèmes. Il serait plus productif (sans jeu de mot) de trouver les moyens d'imposer des normes à notre production nationale. On ne peut pas conquérir le marché international quand on est battu sur son propre marché!
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zouhir MEBARKI
Source : www.lexpressiondz.com